BRP reçoit de l'aide pour traverser la récession

José Boisjoli, président et chef de la direction de BRP. Le fabricant québécois a souligné que cette injection de 130 millions lui permettra de racheter une partie de sa dette.
Photo: Agence Reuters José Boisjoli, président et chef de la direction de BRP. Le fabricant québécois a souligné que cette injection de 130 millions lui permettra de racheter une partie de sa dette.

Depuis sa naissance en 2003, l'ancienne division Produits récréatifs de Bombardier navigue dans une conjoncture économique difficile. Après la montée en flèche du dollar canadien et la flambée des cours pétroliers, le fabricant québécois doit désormais conjuguer avec une récession qui frappe durement son secteur d'activité. BRP a annoncé hier un financement visant à solidifier sa position financière en ces temps troublés, auquel participent deux agences québécoises.

Bombardier Produits Récréatifs (BRP) a annoncé hier l'apport de 130 millions d'argent frais devant lui permettre de traverser la récession en cours. La Société générale de financement et Investissement Québec participent à l'opération visant notamment à rembourser une partie de la dette actuelle du fabricant québécois.

Dans son communiqué, BRP a précisé que des 130 millions reçus, 30 millions prennent la forme d'une contribution financière remboursable de la part d'Investissement Québec. Les 100 millions restants viennent «des actionnaires majoritaires de BRP et de leurs sociétés affiliées, y inclus 50 millions de la SGF pour les activités courantes de l'entreprise».

La SGF a précisé que sa contribution était sous forme de prêt consenti à une société contrôlée par les actionnaires majoritaires de la compagnie mère de BRP, et qu'il était d'une durée de cinq ans. «Le gouvernement du Québec a modifié le mandat de la SGF en lui confiant la responsabilité d'aider les entreprises qui ont de bonnes perspectives de développement à traverser la crise économique qui affecte toutes les économies, et plus particulièrement le secteur manufacturier», a rappelé la société d'État.

Johanne Denault, chef de service, Communications de l'entreprise chez BRP, a précisé que la contribution de 50 millions des actionnaires majoritaires respectait la participation de chacun dans l'entreprise. La famille Bombardier détient 35 % de l'entreprise, le fonds d'investissement américain Bain Capital, 50 %, et la Caisse de dépôt et placement du Québec, 15 %.

Au moment de sa vente, en 2003, BRP affichait des ventes de 2,5 milliards et ses effectifs totalisaient 7500 personnes. Depuis, la montée en flèche du dollar canadien par rapport sa contrepartie américaine a nui aux ventes de produits récréatifs tels que les motomarines, les bateaux, les motoneiges et les VTT. Si la flambée des cours pétroliers est venue s'ajouter aux difficultés, la récession et son effet de contraction sur la demande en produits dits de luxe se sont fait davantage ressentir.

En revanche, la dévaluation du dollar canadien survenue depuis a eu pour effet d'augmenter les coûts d'emprunts de BRP libellés en devises américaines, avait noté en mars l'agence de notation Standard & Poor's, qui frappait du même coup BRP d'une deuxième décote en trois mois.

«En décembre 2008, BRP a annoncé une restructuration majeure de l'entreprise en vue de réduire ses coûts et d'accroître son efficience. On a réduit considérablement les coûts indirects ainsi que la main-d'oeuvre, certaines divisions ont été fusionnées et on a diminué la production pour 2009 de près de 30 % afin de réduire les stocks chez les concessionnaires», a énuméré José Boisjoli, président et chef de la direction de BRP.

Le fabricant québécois a souligné que cette injection lui permettra de racheter une partie de sa dette. «Nous avions annoncé en décembre le rachat d'une partie de notre dette sur une période de 18 mois», a renchéri Johanne Denault. Donc rien à voir, dit-elle, avec les répercussions possibles du rappel volontaire de près de 10 000 véhicules Spyder aux États-Unis après qu'une agence de régulation eut relevé des problèmes avec le système de direction. Ces rappels pourraient englober les 2500 véhicules du genre vendus au Canada.

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