La cour approuve le financement d'AbitibiBowater

Québec ayant accepté hier d'abandonner une clause litigieuse, la Cour supérieure du Québec a donné le feu vert à un financement de 100 millions du gouvernement québécois à la filiale canadienne d'AbitibiBowater. Un sursis financier pour la forestière qui affirme qu'elle ne fonctionnait plus que grâce à «des vapeurs d'essence», avec en poche de maigres réserves de 28 millions à 70 millions.

Le géant du papier journal et de la foresterie AbitibiBowater, insolvable, a obtenu un sursis financier, hier, alors qu'il a reçu l'approbation de la cour pour l'obtention d'un financement de 100 millions du gouvernement du Québec pour sa filiale canadienne, Abitibi-Consolidated, à la suite d'un revirement de la province.

Un duel potentiel entre le juge Clément Gascon, de la Cour supérieure du Québec, et le gouvernement provincial a été évité lorsque le cabinet du premier ministre Jean Charest a accepté d'abandonner une clause litigieuse qui prévoyait la nomination par Québec de son propre contrôleur en cas de défaillance, si le prêt n'était pas remboursé d'ici le 1er novembre.

En approuvant le financement du débiteur-exploitant pour Abitibi-Consolidated, le juge Gascon a remercié les parties impliquées d'«avoir éliminé une source d'irritation pour tout le monde».

Le juge avait clairement fait connaître son opposition à la clause, mardi, en accusant le gouvernement de «tenir un fusil sur la tempe de la compagnie et de la cour».

Dans son jugement, le juge Gascon a donné raison à l'actuel contrôleur désigné par la cour, Ernst & Young, selon lequel Abitibi-Consolidated se serait retrouvée dans une situation inconfortable si elle avait dû payer ses dépenses hebdomadaires de 45 millions sans l'aide financière de la province.

Les avocats de l'entreprise avaient laissé entendre qu'elle ne fonctionnait plus que grâce à «des vapeurs d'essence», avec en poche de maigres réserves de 28 millions à 70 millions.

Jean-Philippe Côté, porte-parole d'AbitibiBowater, a affirmé que la société était satisfaite de la décision rendue par le juge. «Cela va fournir des liquidités à court terme additionnelles, et cela va aider la compagnie à continuer de mettre au point son plan de restructuration», a-t-il déclaré en entrevue.

La filiale Bowater de la compagnie avait déjà reçu l'aval d'une cour de faillite américaine pour un financement du débiteur-exploitant de 200 millions $US de la part de Fairfax Financial Holdings et d'Avenue Management.

Jusqu'à 87,5 millions $US de fonds sont accessibles à l'entreprise, incluant un premier versement de 25 millions $US devant être effectué ces prochains jours.

À voir en vidéo