Bernanke voit une reprise à la fin de 2009

«Nous nous attendons à ce que l’activité économique touche le fond et puis reprenne plus tard cette année», a déclaré hier Ben Bernanke, le patron de la Fed.
Photo: Agence France-Presse (photo) «Nous nous attendons à ce que l’activité économique touche le fond et puis reprenne plus tard cette année», a déclaré hier Ben Bernanke, le patron de la Fed.

L'économie américaine approche du fond du baril et devrait entamer une remontée avant la fin de l'année, a prédit hier Ben Bernanke. Cette reprise sera toutefois lente et fragile, a prévenu le président de la Réserve fédérale américaine, et prendra encore plus de temps à se faire sentir sur le marché de l'emploi.

«Nous nous attendons à ce que l'activité économique touche le fond et puis reprenne plus tard cette année», a-t-il déclaré devant la commission économique mixte du Congrès américain. Mais «même après que la reprise se sera enclenchée, le rythme de croissance de l'activité économique réelle restera sans doute en deçà de son potentiel à long terme pendant un certain temps», a-t-il précisé.

Plusieurs observateurs ont noté que le portrait de la situation actuelle et à venir de l'économie américaine s'était amélioré depuis la dernière fois que la Fed avait procédé à cet exercice, au mois de février. Cette amélioration s'explique notamment par l'apparition de signes encourageants du côté du marché immobilier après trois ans de dégringolade, un raffermissement de la consommation des ménages et l'apparente stabilisation du secteur financier.

«Notre pronostic s'accompagne d'une mise en garde importante dans la mesure où il part du principe que le système financier va continuer de se rétablir progressivement», a averti Ben Bernanke, et qu'une «rechute de la conjoncture financière pèserait fortement sur l'activité économique et pourrait faire caler la reprise naissante».

Pour le moment, tout semble indiquer que les centaines de milliards injectés par les pouvoirs publics pour aider la stabilisation du système financier et la relance de l'économie ont commencé à payer. Le président de la Fed a notamment souligné que l'administration Obama avait fait savoir qu'elle ne pensait plus avoir à demander au Congrès de nouveaux budgets d'aide aux banques en difficulté en plus des 787 milliards déjà prévus.

Ben Bernanke a indiqué que des 19 grandes banques américaines récemment soumises à des tests de résistance financière, toutes n'avaient pas satisfait les attentes en matière de niveau de capitalisation, et que ces dernières disposeront de six mois pour augmenter la taille de ce qui leur servirait de coussin en cas d'aggravation de la récession.

Le président de la Fed n'a pas voulu donner le nombre de banques qui devront procéder à ce rééquilibrage de leurs actifs. Les résultats des tests de résistance doivent être dévoilés demain. Selon l'agence Bloomberg, une dizaine de banques les auraient échoués, dont Citigroup et Bank of America.

Les travailleurs devront attendre

La reprise annoncée risque de mettre encore plus de temps qu'à l'habitude à se faire sentir sur le marché de l'emploi, a prévenu Ben Bernanke. «Les entreprises devraient se montrer prudentes dans leurs embauches [et] le taux de chômage pourrait, par conséquent, rester élevé pendant un certain temps, même une fois que l'économie se sera reprise», a-t-il déclaré aux élus venus l'entendre.

Le taux de chômage s'élevait à 8,5 % au mois de mars aux États-Unis, soit le niveau le plus élevé depuis 1983. La plupart des analystes s'attendent à ce qu'il atteigne 8,9 % vendredi, lorsque les chiffres pour le mois d'avril seront dévoilés. À ce rythme, il pourrait toucher les 10 % à la fin de l'année ou au début de l'année prochaine, lorsque la pénurie d'emplois atteindra son sommet et avant d'enfin commencer à redescendre.

Avec la reprise qui se dessine, la banque centrale a aussi voulu rassurer le Congrès quant aux dangers que tous les efforts de relance déployés ces derniers mois amènent la machine économique américaine à basculer dans l'autre excès et à s'emballer. La Fed a les yeux rivés comme «un rayon laser» sur sa stratégie de sortie de crise afin d'éviter une flambée de l'inflation, a déclaré son chef. «Nous comprenons la nécessité de réduire nos mesures de stimulation monétaire au moment opportun.»

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