AbitibiBowater perd sa cause

Les employés d'AbitibiBowater membres du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP-FTQ) ont obtenu gain de cause, hier, devant la Cour supérieure du Québec, sur la question de l'âge à laquelle ils pourront prendre leur retraite.

Leur syndicat s'était adressé à la Cour jeudi dernier pour obliger la compagnie à respecter une amélioration à la convention collective permettant la retraite à 57 ans plutôt qu'à 58 ans.

Cette clause devait entrer en vigueur vendredi, mais AbitibiBowater jugeait les coûts associés à son application trop élevés, particulièrement en cette période d'incertitude économique.

Le géant de la foresterie et du papier journal est actuellement sous la protection des tribunaux contre ses créanciers au Canada ainsi qu'aux États-Unis.

Les avocats de la compagnie avaient indiqué devant la Cour supérieure, la semaine dernière, que la mesure touchant aux retraites coûterait environ 68 millions de dollars dans le cas où 200 travailleurs s'en prévaudraient.

Le juge Clément Gascon a indiqué hier que la tentative de la compagnie d'amender unilatéralement la convention collective de ses employés était illégale.

Le syndicat tente par ailleurs de convaincre un autre juge d'empêcher AbitibiBowater d'interrompre ses paiements spéciaux aux caisses de retraite. Le syndicat estime que cet argent appartient aux travailleurs et qu'il est impératif que l'entreprise comble les déficits de ces caisses avant de verser de nouvelles sommes aux banques et à ses créanciers.

Le SCEP estime que les régimes de retraite d'AbitibiBowater sont financés, en ce moment, à hauteur de 65 %. Dans l'éventualité où l'entreprise devrait déclarer faillite, les prestations versées aux retraités seraient amputées de 30 à 35 % de leur montant total.

La FTQ, à laquelle est affilié le SCEP, applaudit à la décision et demande maintenant à l'entreprise de ne pas en appeler de ce jugement.

Une prime à Weaver

Par ailleurs, la centrale dénonce vivement le versement d'une prime de départ de 17 millions et le salaire de 7,5 millions pour seulement sept mois et demi de travail à l'ex-président d'AbitibiBowater, John Weaver.

Dans un communiqué, le secrétaire général de la FTQ, René Roy, a qualifié de scandaleux le versement de tels montants à celui qui a mené l'entreprise à la faillite, alors que les travailleurs se battent pour sauver leur emploi et leur régime de retraite.

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