Assemblée annuelle des actionnaires - TVA a profité de la faiblesse de TQS

Le lancement de l’édition 2009 de Star Académie. L’émission est responsable de la quasi-totalité de l’augmentation des revenus publicitaires de TVA.
Photo: Le lancement de l’édition 2009 de Star Académie. L’émission est responsable de la quasi-totalité de l’augmentation des revenus publicitaires de TVA.

La renaissance annoncée du réseau TQS, cet automne, n'empêche pas le président et de la direction de Quebecor, Pierre Karl Péladeau, de dormir.

«J'ai beaucoup d'estime pour les frères [Maxime et Julien] Rémillard [propriétaires de TQS], mais [je crois] qu'une entreprise qui est un petit peu isolée va demeurer dans la marginalité. Il y a peu d'avenir pour les entreprises dans le domaine des médias si ces entreprises-là ne font pas partie d'un modèle d'affaires beaucoup plus élargi», a déclaré M. Péladeau à l'issue de l'assemblée annuelle du Groupe TVA, que Quebecor contrôle.

Les frères Rémillard, propriétaires de TQS depuis l'été 2008, ont indiqué que le véritable renouveau du réseau arriverait en septembre prochain, la grille horaire actuelle en étant une de «transition».

Pendant l'exercice 2008, la filiale télévisuelle de Quebecor a abondamment profité des difficultés de TQS, dont les parts de marché n'ont pas dépassé 7 %, alors que TVA caracolait en tête avec quelque 30 %.

Malgré son pessimisme face à TQS, M. Péladeau a affirmé qu'il ne voulait pas s'habituer à profiter de la faiblesse des concurrents. «On ne peut pas s'enrichir au détriment de la faillite des autres, en l'occurrence, c'est ce qui s'est produit avec TQS», a-t-il lancé.

C'est pourquoi TVA continue, à l'instar des autres télédiffuseurs, de presser le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) d'accorder aux chaînes généralistes des redevances d'abonnement découlant des revenus des câblodistributeurs.

«La télévision conventionnelle est en crise», a ainsi lancé hier le président et chef de la direction de TVA, Pierre Dion. Pourtant, les revenus et les profits du groupe sont en croissance depuis 2006. M. Dion soutient qu'en touchant des droits d'abonnement, TVA pourrait accroître la quantité de contenu canadien sur ses ondes, déjà très importante.

L'entreprise prévoit toujours lancer trois nouveaux canaux spécialisés au cours des trois prochaines années. Pierre Dion n'a pas voulu préciser les domaines d'intérêt qu'il vise, mais des rumeurs persistantes veulent que TVA lance un canal sportif pour concurrencer RDS et RIS.

Un tel projet irait de pair avec la volonté de Quebecor d'acquérir le club de hockey Canadien, lequel pourrait se retrouver au centre de la stratégie de convergence médiatique du conglomérat. Quebecor a déposé une offre d'achat de l'équipe au début du mois et attend la suite du processus, mené par la banque d'investissement BMO Marchés des capitaux.

Star Académie

Au premier trimestre, terminé le 31 mars, TVA a inscrit des résultats qui ont fortement bénéficié du succès de l'émission de télé-réalité Star Académie.

Le diffuseur a enregistré un bénéfice net de 6,5 millions (27 ¢ par action), en hausse de 18,2 % par rapport aux 5,5 millions (20 ¢ par action) dégagés pendant la période correspondante de 2008.

Les revenus trimestriels ont atteint 109,8 millions, en progression de 3 % en rythme annuel. TVA a constaté une croissance de 4,2 % de ses revenus publicitaires, attribuable à 90 % à Star Académie.

La filiale de distribution TVA Films a toutefois connu un trimestre difficile: elle a enregistré une perte d'exploitation de 81 000 $, alors qu'elle avait dégagé un bénéfice d'exploitation de 17 000 $ il y a un an. Les revenus ont presque fondu de la moitié pour s'établir à 2,7 millions.

Malgré le déclin des ventes publicitaires, le secteur des magazines de TVA s'en est bien tiré: il a dégagé un bénéfice d'exploitation de 2,3 millions, en hausse de 40 %, alors que ses revenus ont reculé de 6 %, à 18,1 millions.

Les investisseurs ont bien accueilli les résultats: l'action de TVA a bondi de 11,5 % hier pour clôturer à 8,99 $, à la Bourse de Toronto. Depuis le début de l'année, le titre s'est apprécié de 72 %.

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