Le Canada et l'Ontario auront une participation dans Chrysler

Toronto — Le Canada ne cherche pas à intervenir dans l'industrie automobile et il préférerait ne pas avoir à investir un total de 3,8 milliards $CAN dans Chrysler, mais cela s'avère nécessaire pour conserver les emplois au pays, a expliqué hier le premier ministre Stephen Harper.

«Cette situation n'est pas idéale, mais c'est la meilleure façon d'aider l'économie canadienne», a affirmé le premier ministre, lors d'une conférence de presse à Toronto. M. Harper commentait la décision des gouvernements américain et canadien d'approuver les plans de restructuration présentés par le constructeur automobile. Chrysler a par ailleurs annoncé, hier qu'il se plaçait sous la protection de la loi sur les faillites aux États-Unis, alors qu'il tente de finaliser une entente de partenariat avec le constructeur automobile italien Fiat.

«Chrysler a déjà été l'une des plus importantes compagnies automobiles au monde, et grâce à son plan de restructuration et son nouveau partenariat avec Fiat, nous sommes confiants qu'elle le redeviendra de nouveau», a estimé le premier ministre.

Chrysler a également annoncé une suspension temporaire de sa production à partir de lundi dans le cadre de sa restructuration.

M. Harper a d'autre part remercié les travailleurs de Chrysler au Canada et aux États-Unis des concessions qu'ils ont acceptés de faire pour aider la compagnie à survivre à la crise économique.

Grâce au financement annoncé hier, les usines de Chrysler à Windsor et à Brampton, toutes deux en Ontario, qui comptent plus de 8000 employés, poursuivront leurs activités. Chrysler LLC cherche à se placer sous la protection des tribunaux aux États-Unis, mais sa filiale canadienne n'a pas l'intention de faire de même dans l'immédiat.

2 % dans Chrysler

En vertu des plans de restructuration, les gouvernements du Canada et de l'Ontario détiendront une participation conjointe de 2 % dans Chrysler, lorsque la compagnie sera restructurée, et ils lui fourniront ensemble un financement de 2,42 milliards $US.

Cette dernière annonce du gouvernement fédéral porte à 3,775 milliards $CAN l'aide financière apportée à Chrysler par Ottawa et Toronto. Les États-Unis contribueront de leur côté à hauteur de 8,08 milliards $US et posséderont une participation de 8 % dans la compagnie restructurée.

Les gouvernements fourniront donc un financement total de 10,5 milliards $US, notamment avec des capitaux à court et moyen termes pour aider Chrysler dans sa restructuration.

Le premier ministre ontarien, Dalton McGuinty, a précisé que la province offrirait une somme de 1,25 milliard $CAN, tandis qu'Ottawa fournira environ 2,5 milliards $CAN.

Le plan de restructuration prévoit également la nomination, par les États-Unis, de quatre administrateurs indépendants au nouveau conseil d'administration de Chrysler LLC, tandis que le Canada en nommera un.

La répartition de la production automobile dans les deux pays sera maintenue au niveau actuel.

À voir en vidéo