GM et Chrysler ont empoché des milliards au Canada, selon les TCA

Toronto — Les divisions canadiennes de General Motors et de Chrysler ont empoché des bénéfices après impôt estimés à 36,7 milliards de dollars entre 1972 et 2007, indique une nouvelle étude faite par les Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA). Un analyste doute cependant de la justesse des chiffres avancés par le syndicat.

Le rapport, rédigé par l'économiste des TCA Jim Stanford, repose sur les résultats financiers rendus publics par les deux géants de l'automobile jusqu'en 1996, alors que les chiffres des deux divisions canadiennes ont commencé à être combinés aux résultats d'ensemble de Chrysler et GM.

L'estimation faite par M. Stanford des profits réalisés au pays par les constructeurs repose sur des données fournies par Statistique Canada au sujet de l'ensemble de l'industrie.

Selon l'étude des TCA, le secteur canadien de l'automobile a, dans son ensemble, réalisé un bénéfice net après impôt de plus de 100 milliards durant la période de 35 ans. Le syndicat avance que cette somme comprend 31,75 milliards empochés par GM et 4,95 milliards obtenus par Chrysler.

Cette étude devrait inciter les gens à se demander pourquoi GM et Chrysler — qui demandent tous deux des milliards de dollars de prêts d'urgence aux gouvernements afin de survivre à la chute des ventes — affirment ne pas pouvoir payer les prestations de leurs employés à la retraite, a indiqué M. Stanford.

«Notre industrie a réalisé 100 milliards de profits pendant une période de 35 ans, et pourtant, elle affirme aujourd'hui ne pas pouvoir se permettre de payer les rentes de retraite promises aux gens qui ont produit ces profits», a-t-il déploré.

Étude contestée

Néanmoins, Joe D'Cruz, professeur à l'école de gestion Rotman de l'Université de Toronto, estime que les chiffres avancés par les TCA pourraient être exagérés.

Les profits attribués à GM et à Chrysler incluent une estimation pour des années dont les résultats financiers n'ont pas été rendus publics, a-t-il indiqué, ajoutant que les années en question sont celles durant lesquelles les deux constructeurs ont subi des pertes significatives.

Selon M. D'Cruz, si les profits des constructeurs ont été si élevés pendant les années 1990, c'est en partie parce que les entreprises sous-finançaient «de façon significative» leurs fonds de pension grâce à un assouplissement des règles de financement par le gouvernement ontarien.

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