Le déficit budgétaire américain s'est alourdi plus que prévu en mars

Washington — Le déficit budgétaire des États-Unis s'est encore alourdi en mars, plus que prévu, et son cumul pour l'ensemble de l'exercice en cours commencé en octobre atteint un nouveau record, selon les chiffres publiés hier par le département du Travail à Washington.

Mars est historiquement un mois de déficit pour l'État fédéral, mais le trou de 192,273 milliards dollars relevé cette fois-ci est un record pour ce mois, et est bien supérieur aux attentes des analystes, qui attendaient un déficit de 160 milliards de dollars.

Avec mars, le budget a aligné six mois de déficit, ce qui n'était plus arrivé depuis les six premiers mois de l'exercice 2003-04, et, au milieu de l'année budgétaire, le déficit cumulé de l'État fédéral atteint 956,799 milliards de dollars, soit plus du double de ce qu'il était un an plus tôt.

La Maison-Blanche table sur un déficit budgétaire record d'environ 1752 milliards de dollars pour l'ensemble de l'exercice 2008-09 (soit 12,3 % du PIB), mais le Bureau du budget du Congrès (CBO) a estimé en mars qu'il serait plutôt de l'ordre de 1845 milliards de dollars, soit l'équivalent de 13,1 % du produit intérieur brut.

Sous l'effet de la crise, qui diminue les bénéfices des entreprises et fait grimper le chômage, réduisant ainsi les impôts collectés, les recettes de l'État ont fondu de près de 28 % en mars par rapport à un an plus tôt, pour tomber à 128,957 milliards de dollars.

Les dépenses ont augmenté elles de 41,5 %, du fait des nombreuses interventions de l'État au secours de l'économie, et se sont chiffrées à 321,230 milliards de dollars pour le mois.

En données cumulées depuis le début de l'exercice, les dépenses de l'État fédéral ont atteint la somme record de 1946,632 milliards de dollars, pour des recettes totales de 989,834 milliards, en baisse de plus de 13 % sur un an.

Au titre des dépenses exceptionnelles de soutien à l'économie, le Trésor a engagé depuis le début de l'exercice budgétaire 293,365 milliards de dollars sur les 700 milliards mis à sa disposition pour stabiliser le système financier, a injecté 59,800 milliards de dollars pour maintenir à flot les organismes de refinancement hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac, et racheté pour près de 120 milliards de dollars de titres émis par ces organismes pour faire baisser les taux immobiliers, avec un certain succès.

À voir en vidéo