Le Japon adopte une nouvelle série de mesures anticrises

Avec son plus récent plan, le premier ministre japonais Taro Aso espère calmer l’anxiété qui grippe un peu plus la machine économique, enrayée depuis mi-2008 par les répercussions de la crise planétaire.
Photo: Agence France-Presse (photo) Avec son plus récent plan, le premier ministre japonais Taro Aso espère calmer l’anxiété qui grippe un peu plus la machine économique, enrayée depuis mi-2008 par les répercussions de la crise planétaire.

Tokyo — Le premier ministre japonais Taro Aso a prescrit hier une nouvelle liste de mesures anticrises exceptionnelles, pour combattre la récession, doper la consommation et calmer les angoisses de la population.

M. Aso a repris à son compte un nouveau projet de dépenses supplémentaires affectées à la relance immédiate, d'un montant de 15 400 milliards de yens (153,5 milliards $US), préparé sur son injonction par le ministère des Finances.

Cette somme représentera la plus importante rallonge budgétaire jamais demandée au parlement nippon pour combattre une crise sans précédent.

La valeur totale de l'ensemble des mesures prévues est évaluée à «environ 57 000 milliards de yens» (568 milliards $US), dépenses, déductions fiscales, garanties, prêts et autres dispositions diverses comprises, a précisé M. Aso.

Le gouvernement avait déjà auparavant prévu un ballon d'oxygène global de 75 000 milliards de yens (747,6 milliards d'euros), dont 12 000 milliards de yens (119,6 milliards $US) de débours budgétaires spéciaux. Mais l'aggravation de la conjoncture internationale et ses effets dévastateurs sur l'activité intérieure et le moral des citoyens exigent des efforts supplémentaires, a-t-il reconnu.

Même si M. Aso jure qu'il ne «laissera pas une charge colossale aux enfants», l'État devra encore plus s'endetter, car le chef du gouvernement veut remotiver ses compatriotes déprimés et les convaincre qu'il s'efforce de sortir le pays de l'ornière.

«Nous mettons activement en oeuvre des mesures économiques dans le but de protéger les citoyens», a justifié le premier ministre lors d'une conférence de presse.

M. Aso, prenant un accent de meneur social-paternaliste, dit vouloir rassurer ses compatriotes et leur redonner confiance en améliorant les services sociaux, le système de santé et les régimes de retraite. Il espère ainsi calmer l'anxiété qui grippe un peu plus la machine économique, enrayée depuis mi-2008 par les répercussions de la crise planétaire.

L'économie japonaise vit actuellement sa pire récession depuis la Seconde guerre mondiale.

Face à cette calamité, trois priorités, selon M. Aso: lutte pour l'emploi (maintien, reprise d'activité, élévation des compétences, amélioration des conditions de vie des travailleurs précaires), rétablissement des mécanismes financiers (garantie étatique, prêts), accélération des projets publics (appels d'offres et attributions).

Grâce au surcroît d'activité escompté, le premier ministre espère 500 000 créations d'emplois dans l'année et jusqu'à deux millions sur trois ans.

Ce nouveau plan est aussi censé réactiver la consommation intérieure et bénéficier aux industriels locaux.

Il met l'accent sur la modernisation des infrastructures publiques, proclame la «révolution de la société sans carbone», propulse les énergies renouvelables et technologies environnementales, favorise les achats de produits économes en énergie et autres ressources (prime à la casse pour assainir le parc automobile, subventions sur les achats de climatiseurs, réfrigérateurs et téléviseurs récents).

Bien que réagissant tel un médecin-urgentiste, le gouvernement juge de plus qu'il ne peut pas se contenter de soigner le pays malade, il doit aussi vacciner la nation contre les crises étrangères contagieuses.

Il faut préparer le pays à la «grande restructuration inévitable de l'économie mondiale», faire en sorte que le Japon ne soit plus tant tributaire des exportations et de la santé des voisins, peut-on lire dans les attendus du plan.

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