Loblaws: du rouge au vert

Loblaws a réduit la taille de ses circulaires, ce qui a permis d’économiser 5200 tonnes de papier.
Photo: Jacques Grenier Loblaws a réduit la taille de ses circulaires, ce qui a permis d’économiser 5200 tonnes de papier.

Dans l'industrie de la distribution alimentaire, les marges de profit sont très minces, parce que la concurrence y est farouche. Même les plus gros ne doivent rien tenir pour acquis, comme le constate douloureusement Loblaws depuis quelques années. Mais la lutte se poursuit.

En 2008, Loblaws a réduit de 328 millions le nombre de sacs en plastique distribués, de 2,1 % par kilomètre la consommation de carburant par sa flotte de camions, de 70 % la quantité de matières résiduelles aboutissant dans les centres d'enfouissement en Ontario et en Nouvelle-Écosse. Il a réduit aussi la taille de ses circulaires, ce qui a permis d'économiser 5200 tonnes de papier, épargnant ainsi 62 400 arbres. Il ne dit cependant pas combien d'argent toutes ces réductions lui auront fait épargner, mais la publication de ces informations vise avant tout à soigner l'image verte d'une compagnie qui depuis quelques années a travaillé fort pour sortir du rouge.

Loblaws présente d'ailleurs ces statistiques comme les faits saillants de son deuxième rapport annuel sur la responsabilité société de l'entreprise. «À la fin de 2006, nous avons entrepris de refaire de Loblaws le meilleur détaillant», mentionne la direction, en expliquant sa stratégie qui s'appuie sur cinq piliers, parmi lesquels il y a le respect de l'environnement. En réalité, ce n'est pas très original puisque, depuis quelques années, la plupart des grandes sociétés inscrites en Bourse présentent un rapport de responsabilité sociale dans lequel l'environnement occupe une place importante.

Ce sont toutefois les résultats financiers de cette entreprise de distribution alimentaire, la plus grande au Canada avec un réseau de 628 magasins qu'elle possède et 408 autres qui sont franchisés, qui ont suscité le plus de préoccupations. Loblaws, qui semblait avoir une solidité à toute épreuve, a plutôt mal digéré l'acquisition de Provigo faite en toute fin d'année 1998 pour un montant de 1,78 milliard, mais elle a dû aussi faire face dans les années suivantes à la concurrence de Walmart ailleurs au Canada. En 1999, le titre de Loblaws se transigeait à 35 $ à la Bourse de Toronto, il a augmenté jusqu'à 70 $ en 2004 pour redescendre à 35 $ en 3007 et un peu plus depuis un an, pour se retrouver maintenant à 30 $.

En 2006, Loblaws déclarait une perte nette de 129,4 millions et un rendement des capitaux négatif de 3,9 %. Il y avait quand même eu un bénéfice d'exploitation de 289 millions qui avait été sérieusement affecté par la charge hors caisse de la dépréciation des écarts d'acquisition de 800 millions dans le dossier Provigo. «Fondamentalement, il y a une faiblesse structurelle dans la rentabilité de nos activités au Québec et c'est ce que trahit cette perte de valeur», disait alors le président Galen Weston fils. Provigo, qui a longtemps été la chaîne dominante, n'est plus aujourd'hui que l'ombre d'elle-même.

La situation de Loblaws s'est beaucoup améliorée en 2007, alors qu'il y a eu un bénéfice net de 330 millions et un bénéfice net par action de 1,20 $ en comparaison d'une perte de 90 ¢ l'année précédente. Les résultats de l'exercice de 2008 divulgués en février montrent une nouvelle progression. Le bénéfice net a atteint 545 millions ou 1,99 $ par action. Les ventes de l'exercice ont totalisé 30,8 milliards, en comparaison de 29,38 milliards en 2007.

Bref, cette tendance fait dire aux observateurs que le pire est passé pour Loblaws. Son plan de redressement, qui s'étale sur une période de trois à cinq ans, a débuté en 2007. Dans son rapport annuel de 2007, la direction expose sa vision générale dans les termes suivants: «L'industrie canadienne du commerce de détail est très concurrentielle. Les besoins des consommateurs dictent l'évolution de l'industrie, qui découle des tendances économiques, des changements démographiques, de la diversité ethnique, de la sensibilisation à la santé et à l'environnement ainsi que du temps libre dont disposent les consommateurs.»

Dans cette perspective, on ne s'étonne pas que le rapport de responsabilité sociale publié par Loblaws cette semaine contienne aussi une autre liste de faits saillants que ceux présentés en début d'article. En 2008, il y a eu augmentation de 10 % des ventes de fruits et légumes pendant la campagne «Ça pousse chez nous». Il y a eu lancement de neuf nouveaux produits provenant du commerce équitable et de 10 produits de la mer certifiés, et récupération de trois millions de pots de fleurs et de plateaux rapportés aux centres de jardinage pour être recyclés.

Les résultats du premier trimestre de 2009 seront divulgués le cinq mai prochain et l'assemblée générale annuelle aura lieu le lendemain.

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