Pratt & Whitney élimine 500 emplois à son usine de Longueuil

Coup dur pour les travailleurs de Pratt & Whitney Canada à Longueuil. Ils ont appris cette semaine que le motoriste, durement frappé par le ralentissement dans le secteur de l'aviation d'affaires, éliminera environ 500 emplois à son usine de la rive sud de Montréal.

Ces compressions surviennent dans le cadre des 1000 suppressions de postes que l'entreprise avait annoncées en février dernier parmi toutes ses usines. Les travailleurs seront licenciés d'ici le début du mois de mai.

Le porte-parole de Pratt & Whitney Canada, Pierre Boisseau, a toutefois indiqué hier que le chiffre de 500 pourrait être revu à la baisse, puisque l'entreprise a mis sur pied un programme de départs à la retraite anticipés. «Il s'agit de mises à pied permanentes, mais si la production reprend, il n'est pas impossible qu'on réembauche des employés», a-t-il également précisé au cours d'un entretien téléphonique.

Des postes de gestionnaire et de soutien seront aussi abolis au cours des prochains mois parmi les installations mondiales. M. Boisseau n'a toutefois pas pu préciser quand ces suppressions seront annoncées.

Les licenciements à l'usine de Longueuil, qui compte 4300 salariés syndiqués, sont le reflet d'un marché de l'aviation d'affaires moribond, a expliqué le porte-parole de l'entreprise. «L'aviation d'affaires, c'est un créneau qui est durement touché et nous affecte directement, a-t-il dit. Et le marché de l'aérospatiale est cyclique. Selon des cycles d'environ dix ans, il y a eu des baisses et ensuite des hausses très marquées.»

Le marché des hélicoptères et celui de l'aviation régionale, deux créneaux dans lesquels oeuvre également Pratt & Whitney Canada, se portent toutefois «relativement bien», a ajouté M. Boisseau. Reste à voir la crise économique se résorber progressivement.

Néanmoins, malgré ces mauvaises nouvelles et une conjoncture économique défavorable, l'entreprise ne remet pas en question ses investissements en recherche et développement, ni la construction d'une nouvelle usine à Mirabel, où doivent être construits les moteurs qui feront voler les avions de la CSeries de Bombardier Aéronautique. «C'est une dure période à passer, mais pour nous, les investissements sont importants pour maintenir une stabilité et assurer une présence forte à la reprise», a expliqué M. Boisseau.

Syndiqués déçus

Le président de l'unité syndicale TCA chez Pratt & Whitney, Camille Larochelle, a pour sa part indiqué que les travailleurs ont été surpris de voir que l'usine de Longueuil subissait autant de pertes d'emplois. «En début d'année, on nous avait parlé de 290 travailleurs, puis de 350, et maintenant on annonce 500. Disons que cette annonce a fait mal», a-t-il expliqué.

M. Larochelle a du même coup critiqué l'attitude de l'entreprise, qui refuse de prendre aucun engagement quant à d'éventuelles embauches lors de la reprise de la production. «On voudrait que l'employeur nous dise qu'à la reprise, il réembauchera tout son monde», a-t-il insisté. La direction souligne simplement que la chose n'est «pas impossible».

Le syndicat veut en outre s'assurer que cette réduction de personnel ne sera pas suivie d'un recours à la sous-traitance dans les mois à venir. M. Larochelle espère aussi que l'arrivée de la CSeries permettra à plusieurs travailleurs de décrocher un emploi. Mais pour l'heure, le syndicat tente de minimiser le nombre de mises à pied, notamment grâce au programme de départs à la retraite anticipés.

Pratt & Whitney Canada, une filiale du géant américain United Technologies, avait annoncé en février qu'elle remercierait plus de 1000 travailleurs, en plus d'imposer à ses employés une dizaine de journées de congé non rémunérées en 2009. Les usines canadiennes seront en outre fermées pendant deux semaines à la fin juillet.

L'entreprise compte des installations à Longueuil, mais aussi en Ontario, en Nouvelle-Écosse et en Alberta. Pratt & Whitney compte 10 000 employés dans le monde, dont 7000 au Canada et 5500 au Québec.

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