La SGF a perdu 261 millions en 2008

C'était hier au tour de la Société générale de financement du Québec (SGF) de publier des résultats écrits à l'encre rouge, puisque le holding industriel et financier a enregistré une perte nette de 261 millions de dollars en 2008, soit un rendement de -14,3 %.

«La rapidité et l'ampleur de la crise qui a frappé l'économie mondiale en 2008 étaient sans précédent, explique son p.-d.g., Pierre Shedleur. Particulièrement touché, le secteur manufacturier, déjà affaibli en 2007, a été profondément perturbé. Cet important recul a eu un impact direct sur nos résultats.»

De fait, plus de 80 % du portefeuille de la SGF est composé d'entreprises du secteur manufacturier qui sont frappées de plein fouet par la crise. En 2007, celles-ci avaient déjà subi la hausse du prix du pétrole et le ralentissement de l'économie américaine. En 2008, la SGF a dû composer de nouveau avec les difficultés que vivent ces entreprises.

Elle a donc enregistré une perte de 238 millions de dollars uniquement pour ce qui concerne l'exploitation, les frais de fermeture et la radiation de ses placements dans les entreprises pétrochimiques Pétromont et PTT Poly Canada, et l'entreprise de produits forestiers Temlam.

De plus, le holding industriel et financier a dû augmenter à 41 % la dévaluation des placements de 138 millions de dollars qu'elle détient dans le désormais tristement célèbre papier commercial adossé à des actifs, ce qui représente une perte additionnelle de 37 millions de dollars.

La SGF a par ailleurs investi 176 millions dans des projets de croissance et de soutien. Elle a ainsi injecté 60 millions dans l'acquisition d'Axcan Pharma inc., une société pharmaceutique multinationale, par TPG Capital.

Aide de Québec

Cette année, la SGF devrait en outre être appelée à intervenir davantage, puisque Québec lui a accordé une aide spéciale d'un milliard de dollars sur deux ans afin qu'elle aide les entreprises «qui ont de bonnes perspectives de développement à traverser la crise financière». Elle a du même coup été autorisée à déborder de son rôle traditionnel d'investisseur au capital-actions pour offrir des solutions comme le prêt, la débenture ou l'investissement en capital-actions privilégié. Elle gérera également, avec le Fonds de solidarité FTQ, un fonds d'urgence de 500 millions pour la relance d'entreprises.

Analysant les résultats de la SGF, le professeur invité à HEC Montréal, Daniel Paillé, a souligné que l'année à venir était cruciale. Grâce au milliard débloqué par Québec, a-t-il insisté, «ils ont beaucoup plus d'investissements à faire. Ils ont été très prudents et on leur demande maintenant d'être beaucoup plus interventionnistes, ce qui doit être fait et le plus rapidement possible. Leur conservatisme a payé en 2008, mais il ne faudrait pas qu'ils demeurent dans ce mode-là, parce qu'ils ne rempliraient pas leur mandat».

L'attachée de presse de Raymond Bachand, ministre responsable de la SGF, a indiqué que les résultats enregistrés sont «décevants» et directement liés aux effets de la crise. Le gouvernement garde néanmoins «confiance» en la SGF, a précisé Anne-Sophie Desmeules.

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