La moitié de la population active mondiale travaille au noir

Un travailleur décharge des briques à Dakha, au Bangladesh. Hors activité agricole, le travail informel représente plus des deux tiers des emplois en Asie du Sud et du Sud-Est.
Photo: Agence Reuters Un travailleur décharge des briques à Dakha, au Bangladesh. Hors activité agricole, le travail informel représente plus des deux tiers des emplois en Asie du Sud et du Sud-Est.

Paris — Le travail au noir concerne plus de la moitié de la population active mondiale, soit 1,8 milliard de personnes, un niveau jamais atteint, et son essor risque d'accroître la pauvreté dans les pays en développement, indique une étude de l'OCDE publiée hier.

«1,8 milliard d'individus, soit plus de la moitié de la population active mondiale, travaillent sans contrat de travail, ni prestations sociales. Ce chiffre devrait augmenter pour atteindre les deux tiers de la population active en 2020» et même davantage si l'impact de la crise sur l'emploi s'aggrave, révèle l'étude.

«Dans les pays en développement où l'assurance chômage n'existe pas, ceux que la crise financière prive de leur emploi déclaré sont obligés d'accepter des emplois informels», avance l'Organisation pour expliquer le niveau «record» atteint aujourd'hui.

Hors activité agricole, le travail informel représente les trois quarts des emplois en Afrique subsaharienne, plus des deux tiers en Asie du Sud et du Sud-Est, la moitié en Amérique latine, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord et près du quart dans les pays en transition, ajoute l'étude.

Au rang des «méfaits» de ce boom du travail au noir, l'étude pointe «des salaires et [des] revenus plus bas dans les pays pauvres» alors que 1,2 milliard de travailleurs informels vivent déjà avec moins de 2 $US par jour.

Les femmes, les jeunes et les personnes âgées «seront particulièrement» touchés, prédit l'OCDE, qui estime que les bas salaires et l'absence de protection sociale amenuisent les chances d'atteindre l'Objectif de développement du millénaire, fixé par l'ONU, de diminuer de moitié la pauvreté avant 2015.

L'Organisation recommande «une action rapide» axée autour de la création d'emplois de qualité, en développant notamment l'acquisition de compétences par les travailleurs et en soutenant les travaux publics et le microcrédit.

«L'aide des pays donateurs est essentielle», conclut l'étude.

À voir en vidéo