Bois d'oeuvre - Harper aurait souhaité que Washington attende les précisions du tribunal

Moncton — Le gouvernement fédéral a fait plusieurs suggestions pour résoudre un conflit sur le bois d'oeuvre avec les États-Unis qui a mené à l'imposition d'une taxe de 10 % sur les exportations de quatre provinces, a affirmé, hier, le premier ministre Stephen Harper.

M. Harper s'est dit déçu de la décision américaine d'aller de l'avant avec l'imposition d'une taxe avant même qu'Ottawa n'obtienne un éclaircissement de la décision du tribunal international.

Sans contester la faute du Canada, le premier ministre a ajouté que l'enjeu était alors de déterminer «une pénalité appropriée».

Le représentant au Commerce des États-Unis avait statué que le Québec, l'Ontario, le Manitoba et la Saskatchewan devaient payer des pénalités de 54,8 millions $US pour ne pas avoir réduit leurs exportations de bois alors que les prix avaient chuté.

En février, la Cour d'arbitrage internationale de Londres a jugé que le Canada avait mal calculé ses quotas d'exportations pour les six premiers mois de 2007, et ordonné à Ottawa de réparer sa faute avant le 28 mars dernier.

Approche coordonnée

Hier, le Parti libéral du Canada (PLC) et le Bloc québécois ont réagi vigoureusement à l'annonce de l'imposition d'une taxe sur les exportations.

Selon le PLC, le droit de douane imposé par les États-Unis démontre comment l'absence d'une approche coordonnée de la part du gouvernement Harper avec le nouveau gouvernement américain nuit à l'industrie canadienne.

«Au lieu de collaborer avec nos partenaires américains pour régler un conflit qui a pris des mois à évoluer, le gouvernement dormait aux commandes et encore une fois, il a laissé tomber notre industrie et nos travailleurs», a déclaré le porte-parole libéral en matière de commerce international, Scott Brison.

De son côté, le whip en chef du Bloc québécois, Michel Guimond, a réclamé que le gouvernement fédéral paie la totalité des 54,8 millions $US exigés par les États-Unis, mais qu'il perçoive ensuite auprès des entreprises forestières les sommes dues, en fonction de leur responsabilité respective.

«Par exemple [...] l'industrie forestière de l'Ontario, qui est responsable de 60 % des dépassements de quotas au cours de cette période, devrait assumer 60 % des pénalités», a fait valoir M. Guimond. «Ainsi, le Québec paierait sa juste part, environ 38 %, pas celle de l'Ontario.»

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