Une passion avouée... et assumée

La Karma, du constructeur Fisker, est la preuve que l’automobile peut mélanger une passion pour les magnifiques bolides et un esprit écologique. Ce véhicule est certes haut de gamme, mais il possède un moteur hybride rechargeable. De la tête et du
Photo: La Karma, du constructeur Fisker, est la preuve que l’automobile peut mélanger une passion pour les magnifiques bolides et un esprit écologique. Ce véhicule est certes haut de gamme, mais il possède un moteur hybride rechargeable. De la tête et du

Oui, je l'avoue: j'aime les chars. Je l'avoue et l'assume, même si l'amour pour cette créature à quatre roues, qui va de plus en plus vite et pollue encore trop, est parfois lourd à porter. Pourquoi cette confession? Parce qu'aimer les voitures est devenu un plaisir coupable, pour diverses raisons. De bonnes raisons, ce qui complique d'autant plus les choses pour les passionnés comme moi: la sécurité routière, la pollution... On ne peut être contre la vertu, encore moins quand il s'agit du bien commun!

Mais un(e) journaliste peut-il couvrir la culture sans aimer ni la musique, ni le cinéma, ni le théâtre, ni la danse, ni les arts visuels? Parler de hockey en n'ayant aucun intérêt pour ce sport? Croyez-vous vraiment que les journalistes et chroniqueurs politiques n'aiment pas la politique? Ils en mangent!

À partir de là, c'est à eux de décider s'ils font du journalisme, ou s'ils deviennent des groupies — ou, pire encore, des relationnistes déguisés en journalistes. Cela ramène alors au débat sur l'utilité même du journalisme, sa raison d'être et la façon de le pratiquer. Débat sur lequel j'ai déjà fait une sortie publique et qui, du reste, n'est pas le propos de cette chronique. Enfin, oui, un peu; mais je veux avant tout vous parler de passion. Cette passion de moins en moins politiquement correcte, à cause du contexte, de l'air ambiant.



Esthétique et finition: des facteurs-clés

L'élément déclencheur de cette réflexion: un courriel de lecteur qui nous reproche, à mon collègue Pascal Boissé et moi-même, signataires réguliers de la chronique automobile, d'aimer les voitures. De ne pas donner assez de chiffres et de s'attarder à des aspects futiles, comme l'esthétique, la description du tableau de bord, la finition...

Futile, la finition? Vraiment? Des marques ont pourtant perdu des acheteurs, rebutés par la piètre qualité des matériaux à l'intérieur et l'assemblage à la va-vite. Pourquoi pensez-vous que GM et Chrysler sont aussi mal en point? C'est une des PRINCIPALES raisons: les consommateurs et consommatrices se sont tournés vers les voitures japonaises, mieux construites.

Futile, l'esthétique? Allez dire ça aux designers — mon collègue Boissé en est un — qui se cassent la tête pour concevoir un véhicule aussi attrayant que pratique (forme et fonction, deux mots essentiels du vocabulaire du designer). Et allez dire ça aux spécialistes du marketing, qui connaissent le rôle crucial que joue l'apparence d'un véhicule dans son succès (ou son échec). Les goûts ne se discutent pas, certes; mais un véhicule considéré comme laid par une grande majorité d'acheteurs est condamné à une mort certaine. Pensez à la Pontiac Aztek.



Fiabilité

J'ai souvent reproché (et reproche toujours) à mes collègues chroniqueurs auto de ménager la chèvre et le chou, voire d'être complaisants. Pas tous, mais plusieurs d'entre eux. Par exemple, en omettant, de façon systématique, de parler de la fiabilité des véhicules qu'ils conduisent.

Les véhicules de presse n'ont jamais plus de 20 000 kilomètres au compteur; la plupart du temps, c'est même moins de 10 000. Autrement dit, ils sont neufs, ou presque. Facile, dans ces conditions, d'en vanter les bienfaits. Mais il existe justement des publications et des sites Internet spécialisés dans les essais à long terme et les enquêtes auprès des automobilistes: le Guide autos de Protégez-vous ou son pendant américain, Consumer Reports, pour ne citer qu'eux. Deux incontournables pour l'auteur de ces lignes, qui les utilise et les cite abondamment. Ceux et celles qui lisent cette page régulièrement le savent: la fiabilité n'est jamais occultée.



Informer avec passion

Le but de cette chronique, du reste, n'est pas de verser systématiquement ou uniquement dans la protection du consommateur. Ni de «garrocher» des tonnes de chiffres, spécifications techniques et autres données que l'on peut, de toute façon, trouver facilement sur Internet. Ce qui est plus difficile à trouver, c'est de l'information de qualité. Les passionnés qui s'autoproclament spécialistes sont une véritable plaie dans le domaine du journalisme automobile. Et ils sévissent partout: dans les médias écrits, électroniques, sur le Web...

Le but de cette chronique, c'est de faire du journalisme, tout en communiquant, en partageant cette passion qui est la nôtre. Le Guide autos de Protégez-vous est un excellent outil, mais c'est aussi un ouvrage de référence, et non de lecture: textes courts, style télégraphique, l'essentiel, quoi. Mais zéro passion.

Dans cette page, nous aimons aussi vous RACONTER quelque chose: notre expérience au volant du véhicule dont il est question, nos impressions, les souvenirs que nous évoque tel ou tel modèle. Du journalisme, mais aussi de l'anecdote, de l'émotion. Parce que, pour le passionné que je suis, l'automobile n'est pas qu'un moyen de transport. C'est une machine à sensations — pas nécessairement fortes: le confort, le silence, ce sont aussi des sensations. Parfois, c'est aussi une machine à voyager dans le temps, selon le patrimoine de la marque ou le pedigree d'un modèle; parfois, même, une oeuvre d'art.

Le début d'un temps nouveau

L'automobile est aussi, qu'on le veuille ou non, un acteur de premier plan de notre société, et son évolution a des répercussions sur l'humain, l'automobiliste comme le citoyen. L'auteur de ces lignes est également un passionné d'histoire et, ces jours-ci, un nouveau chapitre est en train de s'écrire: celui de la voiture verte, dont l'essor est favorisé par la crise économique et les fluctuations du prix de l'essence.

L'automobile ne sera plus jamais ce qu'elle a été: on ne parle plus de changement, mais de bouleversement. La voiture électrique est à nos portes — enfin! — et peu importe ce qui arrivera à GM et à Chrysler dans les prochaines semaines, plus rien ne sera comme avant, à Detroit. L'histoire est en train de s'écrire, et je suis aux premières loges: comptez sur moi pour tout vous raconter.

La semaine prochaine: la Chevrolet Malibu sauvera-t-elle GM?

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