GM décidera d'un éventuel dépôt de bilan avant le délai de Washington

Fritz Henderson a remplacé au pied levé Rick Wagoner, congédié dimanche par Washington.
Photo: Agence Reuters Fritz Henderson a remplacé au pied levé Rick Wagoner, congédié dimanche par Washington.

New York — Le constructeur automobile américain General Motors sera en mesure de prendre la décision de déposer ou non son bilan avant l'échéance de 60 jours fixée par l'administration du président Barack Obama, a assuré hier son nouveau patron, Fritz Henderson.

«Le délai de 60 jours nous mène au 1er juin. De notre point de vue, nous n'avons pas besoin de plus de temps» pour déterminer comment redresser le groupe de manière indépendante, a indiqué M. Henderson lors d'une conférence de presse.

«Nous n'avons pas non plus besoin de 60 jours pour savoir si nous ne sommes pas capables de boucler notre plan de viabilité en dehors d'un tribunal», a-t-il ajouté.

M. Obama avait donné la veille deux mois à General Motors pour faire la preuve qu'il pouvait redevenir durablement rentable.

M. Henderson, qui a remplacé au pied levé Rick Wagoner, congédié dimanche par Washington, a répété que General Motors «préférait utiliser cette période de 60 jours» pour remanier le plan de viabilité tout juste recalé par la Maison-Blanche, et que le dépôt de bilan restait «la seconde option».

Le groupe de travail sur l'automobile mis en place par M. Obama a estimé lundi qu'un dépôt de bilan de General Motors et de son concurrent Chrysler, suivi d'une restructuration sous contrôle judiciaire, pourrait constituer la «meilleure chance de succès» pour ces groupes.

Réagissant aux annonces faites par la Maison-Blanche, GM avait indiqué lundi intégrer désormais dans ses plans la possibilité d'un dépôt de bilan, un scénario qu'il avait jusqu'ici rejeté, au motif que les consommateurs pourraient bouder les produits d'une entreprise en faillite.

Fritz Henderson a affirmé avoir «très bien compris le message» envoyé par Washington et a promis «d'aller plus loin et plus vite» dans la restructuration de l'entreprise, qui cumule plus de 80 milliards $US de pertes nettes depuis 2005.

M. Henderson a assuré que son groupe «fera tout ce qui est nécessaire» pour «réinventer GM en très peu de temps», en reprenant son actuel plan de redressement et en «allant plus loin».

Des fermetures d'usines additionnelles «pourraient survenir», a-t-il dit.

Le financement

Interrogé sur les besoins de financements du groupe, M. Henderson a rappelé que GM n'avait pas eu besoin d'aide de l'État en mars et attendait «de passer le mois d'avril» pour déterminer l'ampleur de ses besoins.

Concernant le sort des marques que le constructeur veut céder, M. Henderson a dit ne pas avoir de réponse sur le sort des gros 4x4 Hummer, alors que des informations de presse laissaient espérer une décision pour hier.

Faisant état de discussions «avec plusieurs parties», il a dit qu'une issue sur Hummer était «une question de jours, ou de semaines».

Interrogé sur la marque suédoise Saab, il a indiqué que «rien n'a changé» par rapport à la décision du groupe de se désengager à terme de sa filiale.

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