Les ennuis des constructeurs freinent la Bourse

Toronto — Les perspectives de faillite des constructeurs automobiles GM et Chrysler ont freiné hier la remontée des indices boursiers nord-américains.Le président américain, Barack Obama, a donné respectivement 60 et 30 jours aux deux constructeurs pour «se restructurer de manière fondamentale» afin d'être à nouveau concurrentiels. En cas d'échec, les procédures de faillite contrôlée pourront être mises en oeuvre.

L'indice principal de la Bourse de Toronto, le S&P/TSX, a dégringolé de 224,84 points à 8596,22, une chute de 2,6 %. Cet indice avait bondi de plus de 16 % depuis son envolée commencée le 10 mars.

En cours de séance, hier, le S&P/TSX a même affiché un recul de 368 points, mais il a rebondi dans les dernières minutes pour limiter les dégâts.

À New York, le Dow Jones des 30 valeurs industrielles a cédé 254,16 points, à 7522,02. Cet indice avait connu une augmentation de 20 % depuis son creux du 9 mars. L'indice Standard & Poor's 500, a abandonné pour sa part

28,41 points, à 787,53 points.

«La tourmente autour de General Motors a pris les investisseurs par surprise», a indiqué Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management. Les investisseurs n'avaient pas réalisé que «tout n'est pas stabilisé» dans le secteur automobile et que des mesures «dures mais nécessaires vont devoir être prises», a observé Art Hogan, de Jefferies.

Le titre General Motors a plongé de 25,41%, à 2,70 $US, le constructeur perdant au passage son p.-d.g., Rick Wagoner, contraint de démissionner. «Cela soulève toutes sortes de questions sur l'intervention directe de l'État. Si cela peut [ou pas] sauver la société et jusqu'où l'État fera intrusion dans le système de la libre entreprise. Cela va être un véritable test pour le récent rebond du marché», a estimé Al Goldman, de Wachovia Securities.

Gareth Wilson, analyste chez ScotiaMcLeod, estime qu'en plus de l'incertitude entourant les constructeurs automobiles, les marchés boursiers ont été affectés par des propos tenus ce week-end par le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner, à l'effet que certaines banques des États-Unis pourraient encore avoir besoin d'une injection de fonds publics. Le secteur financier a subi en plus le contre-coup des mauvaises nouvelles venues d'Europe. En Allemagne, l'État a entamé la nationalisation de la banque de crédit immobilier Hypo Real Estate (HRE).

«Malheureusement, les gens ne cherchent parfois qu'un prétexte pour vendre et ils n'en ont pas vraiment eu au cours de la dernière semaine ou un peu plus», a dit l'analyste.

L'instabilité des marchés a aussi nui au dollar canadien qui a perdu 1,56 ¢US, à 79,25, alors que les investisseurs revenaient vers la devise américaine. Le prix du baril de pétrole brut pour livraison en mai a aussi reculé, cédant 3,97 $US à 48,41 $ US à la Bourse commerciale de New York.

Le marché obligataire a fini en hausse. Le rendement du bon à 10 ans a reculé à 2,714 % contre 2,761 % vendredi soir et celui à 30 ans à 3,602 %, contre 3,618 % vendredi.