En vue de la retraite - Il est difficile d'établir le juste total de ses revenus futurs

Les perspectives semblent plutôt sombres pour quiconque tente d'en arriver à planifier sagement ses finances personnelles pour l'avenir. Il n'en demeure pas moins que les citoyens ont avantage à s'occuper étroitement de leurs affaires et à exercer leur vigilance en ces temps de turbulence de l'économie.

«Il est toujours pertinent et souhaitable de planifier ses finances personnelles en vue des lendemains, et cela, d'autant plus dans le contexte d'aujourd'hui, assure Yves J. Leroux, directeur régional du service de la planification financière et successorale à la Financière Sun Life. Si on fait juste un pas en arrière pour en faire deux en avant, cela vaut le coup. Au fond, cette planification pour un individu ou pour un couple, c'est d'abord de bien cerner les éléments de base de ses finances; il lui revient, par exemple, de connaître son coût de vie familial. Une telle donnée sert à établir quels seront les revenus nécessaires pour couvrir les besoins à la retraite et quelles sommes devront être accumulées pour couvrir ceux-ci.»

De nombreuses familles peuvent se livrer à pareil exercice au moyen d'un budget. Il importe de franchir cette première étape de mesure du coût de la vie d'une façon ou d'une autre, «d'autant plus que, maintenant, plusieurs se questionnent sur leur précarité d'emploi ou encore sur leur niveau d'endettement. Il est donc très important d'avoir une bonne lecture de son coût de vie.»

Pour la suite, il indique la procédure à suivre: «On ne doit jamais oublier qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même, c'est-à dire qu'il faut se donner une discipline d'épargne personnelle.» Il ajoute: «Cela ne doit être fait dans aucun cas de façon aléatoire, et il importe d'avoir en main un plan financier par écrit.»

Il se penche sur la retraite: «Il faut établir une planification financière nécessaire de celle-ci. Dans ce but, je dois savoir à quel moment je voudrai la prendre ou ralentir mon travail pour passer à une autre étape de ma vie. Le moment est arrivé de définir les sources de revenu qui seront disponibles.»

Le plan de match se complique

Le temps est venu de se lancer dans la mêlée, mais la partie économique se joue plutôt rudement à l'heure actuelle, et plusieurs ont perdu des plumes à leur retour au banc des joueurs, au cours des dernières saisons. Le directeur en convient: «Il est plus difficile de déterminer les bonnes avenues à emprunter. La situation économique fait en sorte que partout dans le monde les gens sont touchés. Ce sont des événements qui sont externes à chacun des individus ou des familles qui essaient de s'en sortir.»

Par contre, il est possible de tirer des leçons de cette déplorable situation: «Cette crise, qui n'est pas finie, entraîne la baisse des marchés et le ralentissement de l'économie; celle-ci montre qu'il faut être plus vigilant dans les circonstances.» Cette prudence est de mise sur plusieurs tableaux: «Le premier, c'est l'endettement. Toute famille doit vraiment tenter d'évaluer sa capacité de remboursement. Un des facteurs qui a peut-être été l'un des éléments déclencheurs ou dominos de la crise actuelle, c'est l'endettement des familles américaines, qui ont pu emprunter davantage pour acheter des biens que ce dont elles disposaient pour rembourser de tels achats une fois ceux-ci réalisés.»

Il soulève un deuxième élément sur lequel doit porter la vigilance: «C'est la capacité de vivre le risque, la tolérance à la fluctuation des placements. On a quand même connu des corrections de marchés financiers il y a une quinzaine d'années, mais les hausses ont été relativement rapides. Tel n'est pas le cas aujourd'hui, et tout indique que ça ne remontera pas aussi vite que prévu. Dans de telles circonstances, il importe de bien évaluer sa capacité de tolérer le risque pour son portefeuille de placements.»

En troisième lieu, l'investisseur a tout intérêt à se transformer en chien de garde, souligne Yves J. Leroux: «Il faut surveiller ses affaires. Quand tout va bien, on oublie les principes de base: on ne s'en occupe pas mais ça augmente quand même son portefeuille, on fait de l'argent et on oublie ce qui a permis d'atteindre ces résultats-là. La crise exige plus de surveillance sur sa propre situation financière en général, ce qui se traduit par une révision périodique de ses affaires. On doit, par exemple, s'assurer de regarder tous les trimestres où on en est rendu, sans pour autant effectuer des changements. Il faut être vigilant et attentif.» Voilà les trois leçons à tirer en tout temps d'une planification financière.

Les bons conseils et l'espoir

Le plan financier revêt une importance majeure: «On doit mettre sur papier l'objectif à atteindre: je veux me rendre à tel endroit à tel moment et j'assure la mesure de mon parcours avec un conseiller qui en fait le suivi. On prend ainsi les moyens d'éviter les grandes catastrophes.»

Malgré l'état actuel des choses, M. Leroux demeure confiant: «Il faut l'être. Autant au Québec qu'au Canada ou dans le monde entier, les économies ont su s'adapter et apporter les changements qui doivent être faits. Les gouvernements s'ajustent et ils déploient beaucoup d'efforts partout sur la planète pour prendre des mesures correctives qui redonneront à l'économie l'élan dont celle-ci a besoin dans son redémarrage.» Il tire cette conclusion: «On apprend des différentes expériences, et je pense que, collectivement, on va améliorer les choses pour faire en sorte que l'économie se porte mieux. Il ne faut pas baisser les bras en matière de planification; on doit être actif et plus vigilant.»