TVQ: Castonguay reproche à Québec de ne pas avoir suivi ses conseils

Claude Castonguay croit que, si on avait écouté ses recommandations à l’époque, comme celle de hausser la TVQ, on serait également mieux placé pour envisager une éventuelle sortie de crise.
Photo: Jacques Nadeau Claude Castonguay croit que, si on avait écouté ses recommandations à l’époque, comme celle de hausser la TVQ, on serait également mieux placé pour envisager une éventuelle sortie de crise.

Le président du Groupe de travail sur le financement de la santé, Claude Castonguay, affirme que si le gouvernement du Québec l'avait écouté l'an dernier, il ne serait pas obligé aujourd'hui d'annoncer une hausse de 1 point de pourcentage de la TVQ. Et le Québec serait en meilleure position pour redresser le financement de la santé, estime-t-il.

La ministre des Finances Monique Jérôme-Forget a annoncé dans son budget de jeudi que la taxe de vente du Québec passera, en 2011, de 7,5 à 8,5 %.

Or, M. Castonguay avait suggéré dans son rapport, en février 2008, de hausser de 0,5 à 1 point de pourcentage cette taxe de vente, mais uniquement pour assurer la stabilisation du financement du réseau de la santé.

«Il y avait deux choses dans notre rapport: l'augmentation d'un demi pourcent de la TVQ et une série de propositions pour ralentir le taux de dépenses de la santé. Si on avait fait ça au moment où on a fait notre rapport, au lieu de le mettre de côté cavalièrement, aujourd'hui, il y aurait cette augmentation d'un demi de 1 % de la TVQ. Et on ne serait pas obligé de l'augmenter de 1 % l'an prochain», a confié M. Castonguay en entrevue.

M. Castonguay a pris la parole, hier, devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, dans le cadre d'un séminaire sur l'épineuse question du financement de la santé.

Il affirme aussi que si on avait écouté ses recommandations à l'époque, comme celle de hausser la TVQ, on serait également mieux placé pour envisager une éventuelle sortie de crise. «On aurait déjà un plan, au moins un bon élément de plan de redressement de la situation. Alors que là, avec les déficits annoncés, on nous dit qu'il y a juste 40 % de redressement qui va être effectué. On aurait déjà un plan important pour réduire la progression des dépenses de santé pour la sortie de la crise», martèle-t-il.

M. Castonguay estime ne pas être le seul à avoir vu son rapport ainsi remisé sur une tablette par le gouvernement libéral. «On aurait été bien mieux de donner suite à notre rapport, pareil comme là, on le fait un an après coup avec le rapport sur la tarification de M. Montmarquette. L'an dernier, on a rejeté le rapport comme s'il n'avait aucune valeur; aujourd'hui on y revient. On aurait dû faire la même chose avec notre rapport», a critiqué M. Castonguay, lui-même ancien ministre libéral de la Santé.

Le rapport rédigé par Claude Montmarquette, en mars 2008, prônait également le recours à une tarification accrue des services publics pour résoudre en partie le dilemme de l'accroissement des coûts et des besoins.

M. Castonguay estime que la ministre Jérôme-Forget fait tout de même bien de ne pas hausser dès maintenant la TVQ, vu la récession économique. «Pas là, dans le moment, en pleine période. On aurait dû le faire l'an dernier, avec un demi de 1%. Aujourd'hui, ce serait intégré dans les coûts et dans les salaires et ça éviterait cette hausse de 1 %. C'est l'an dernier qu'on aurait dû le faire», affirme-t-il.

Les dépenses de santé représentent, en 2009-10, 26,9 milliards, selon le dernier budget Jérôme-Forget. Elles ont connu une croissance de 5,7 % ou 1,5 milliard par rapport à l'exercice 2008-09.

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