Caisse de dépôt - Retraite bonifiée pour l'ex-président par intérim

Dès novembre, Fernand Perreault s’est occupé des activités quotidiennes de la Caisse parce que le président de l’époque, Richard Guay, a dû prendre un congé de maladie.
Photo: Jacques Nadeau Dès novembre, Fernand Perreault s’est occupé des activités quotidiennes de la Caisse parce que le président de l’époque, Richard Guay, a dû prendre un congé de maladie.

Lorsqu'il a accepté d'être président par intérim de la Caisse de dépôt et placement pour une période de six mois, en janvier dernier, le vice-président Fernand Perreault a reçu une augmentation salariale immédiate, mais on lui a aussi consenti une amélioration de 12 % des prestations de retraite dont il bénéficiera à son départ.

Cette bonification des prestations de retraite, que la Caisse a récemment confirmée au Devoir, représenterait environ 20 000 $ de plus par année, à vie. Un simple calcul permet de conclure que cela porterait son enveloppe de retraite de 165 000 $ à 185 000 $.

Dès novembre, M. Perreault s'est occupé des activités quotidiennes de la Caisse parce que le président de l'époque, Richard Guay, a dû prendre un congé de maladie.

Sa présidence intérimaire a commencé officiellement le 8 janvier grâce à un décret du gouvernement, mais elle n'aura duré que deux mois puisque Michael Sabia a été nommé président le 13 mars.

M. Perreault, âgé de 65 ans, travaille à la Caisse depuis les années 1980 et a piloté l'entrée de l'établissement dans le secteur immobilier, où celui-ci est aujourd'hui un des gros joueurs à l'échelle nationale. À la fin de 2007, l'immobilier avait produit un rendement de 18,9 % sur cinq ans, ce qui représente une performance de premier quartile.

Dans la Gazette officielle du Québec, le décret du 7 janvier 2009 a indiqué que le salaire de base de M. Perreault, en tant que président par intérim, serait de 430 000 $. Dans le rapport annuel de 2007, on indique que son salaire de base était à l'époque de 395 000 $.

Pour l'année 2007, il a aussi reçu diverses primes de performance — comme ce fut le cas pour les autres membres de la haute direction — qui ont porté sa rémunération totale à 1,58 million.

Richard Guay, qui a occupé le poste de président de septembre 2008 à janvier 2009, bénéficiait pour sa part d'un salaire de base de 425 000 $.

Sabia a les mêmes conditions

Quant au nouveau président de la Caisse, Michael Sabia, il a indiqué lors de sa première conférence de presse qu'il avait accepté le même salaire «que mon prédécesseur» et qu'il n'avait pas cherché à négocier. La direction des communications de la Caisse a ensuite précisé que M. Sabia parlait de Henri-Paul Rousseau.

Dans le rapport annuel 2007, on indique que le salaire de base de M. Rousseau était de 490 000 $. À cela se sont ajoutées diverses primes de performance qui ont porté sa rémunération globale à 1,8 million, comparativement à 1,9 million en 2006 et 650 000 $ en 2005.

Pour l'année 2008, il n'y a eu aucune prime de performance à la Caisse, dont le rendement global de -25 % et les pertes de 40 milliards ont secoué le public et la classe politique.

Lorsque M. Rousseau a annoncé en mai 2008 qu'il quitterait la Caisse, l'établissement a précisé qu'en vertu du décret de 2002 concernant son embauche, il recevrait une indemnité de départ équivalente à un an de salaire de base.

M. Sabia a indiqué qu'il avait personnellement refusé cette clause prévoyant une indemnité de départ.

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