Budget déficitaire - Jérôme-Forget croit que le Québec gardera sa cote de crédit

La ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, juge que le dernier budget ne devrait pas inciter les agences de notation à diminuer la cote de crédit du gouvernement. «Je n’ai pas l’assurance, mais j’ai l’intuition, parce que nous leur avo
Photo: Jacques Nadeau La ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, juge que le dernier budget ne devrait pas inciter les agences de notation à diminuer la cote de crédit du gouvernement. «Je n’ai pas l’assurance, mais j’ai l’intuition, parce que nous leur avo

Les agences de notation ne toucheront pas à la cote du Québec, croit la ministre des Finances, parce que le gouvernement va trouver de nouveaux revenus.

Le Québec plonge tête première dans les déficits pour quelques années, mais cela ne devrait pas inciter les agences de notation à diminuer la cote de crédit du gouvernement, a estimé hier la ministre des Finances au lendemain d'un premier budget déficitaire en dix ans.

«Je n'ai pas l'assurance, mais j'ai l'intuition, parce que nous leur avons parlé, que nos approches — d'avoir un déficit mais aussi un contrôle des dépenses et un plan de revenus additionnels — traduisent le sérieux du gouvernement pour revenir au déficit zéro», a dit Monique Jérôme-Forget en conférence de presse après un discours à la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain où elle a défendu son budget.

«Il y a quand même des revenus additionnels, avec l'indexation des tarifs et la hausse de la TVQ à partir de 2011», a dit la ministre. Québec va faire passer la taxe de vente de 7,5 % à 8,5 %, ce qui générera des entrées de 1,2 milliard dans les coffres du Trésor.

Le budget a aussi révélé que la Caisse de dépôt et placement allait injecter 250 millions dans un fonds mis sur pied par Québec et destiné à investir dans des fonds de capital de risque.

Ce geste de la Caisse survient après la pire année de son histoire et dans un contexte où plusieurs voix s'élèvent pour demander que le gestionnaire de 25 fonds de retraite augmente ses investissements directs dans l'économie québécoise.

Priée de dire si la participation de la Caisse était en quelque sorte une réponse à ces critiques, Mme Jérôme-Forget a dit: «Je ne pense pas. Il faudrait demander à la Caisse, mais je pense qu'elle a senti le besoin de jouer un rôle à l'intérieur du Québec actuellement. [...] Il est normal qu'elle s'implique dans le développement économique.»

En pourcentage de l'ensemble, la part des actifs de la Caisse au Québec a considérablement diminué au fil des ans. L'établissement en détient pour plus de 30 milliards, en obligations et en actions, mais aussi en bâtiments et autres placements.

Pour avoir l'heure juste sur le rôle de la Caisse auprès des entreprises d'ici, la ministre a dit avoir appelé plusieurs sociétés, dont CGI et SNC-Lavalin, qui ont déjà voulu travailler avec la Caisse. Sans dire de quelles sociétés il s'agissait, elle a dit que, dans un cas, l'entreprise a trouvé que ça aurait été trop «coûteux et trop laborieux», alors que dans l'autre, «ça avait été très utile».

Conseil de la Caisse

Par ailleurs, la ministre des Finances s'interroge au sujet du conseil de la Caisse de dépôt dans la mesure où il peut être difficile de trouver des gens qui ne siègent pas ailleurs. Cette réflexion sembler porter sur la gestion des conflits d'intérêts, qu'ils soient réels, apparents ou imaginaires.

«Je vous donne un exemple. Il y a une femme qui siégeait déjà au conseil d'une autre institution financière, et pour cette raison-là, elle a été mise de côté. Alors je me suis posé la question», a-t-elle dit sans nommer cette personne.

«Il y a des gens qui sont obligés de refuser simplement parce qu'ils siègent sur un autre conseil», a-t-elle dit. «Sans revoir les règles, il faut peut-être poser un jugement mieux articulé et revoir nos façons de faire [au sujet des conflits d'intérêt].»

Le conseil de la Caisse est présentement en reconstruction. Il semble que la présidente du Mouvement Desjardins, Monique Leroux, refuserait un siège si on le lui offrait, et ce en raison de sa charge de travail. Un ex-président du Mouvement, Claude Béland, estime que Desjardins, un investisseur au même titre que la Caisse, n'a pas d'affaire au conseil parce que cette présence peut donner l'apparence de conflit d'intérêts.

De plus, la FTQ, dont les présidents siègent depuis longtemps au conseil de la Caisse, n'y est pas représentée pour l'instant. Son président, Michel Arsenault, attend toujours l'appel. Toutefois, il est dans l'eau chaude ces jours-ci en raison de diverses controverses au sein de la centrale.

La nomination des membres au conseil doit être approuvée par Québec. Songe-t-on à quelqu'un d'autre à l'intérieur de la FTQ? «Je ne veux pas intervenir dans ce cas-là parce que c'est une situation particulière, celle de M. Arsenault», a indiqué Mme Jérôme-Forget.

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