Exploitant d'aéroports dont la Caisse de dépôt détient des intérêts - BAA est forcé de vendre trois aéroports

Selon la commission britannique de la concurrence, un des principaux problèmes observés chez BAA est un problème de manque de concurrence entre les aéroports compte tenu qu’ils ont tous le même propriétaire.
Photo: Agence Reuters Selon la commission britannique de la concurrence, un des principaux problèmes observés chez BAA est un problème de manque de concurrence entre les aéroports compte tenu qu’ils ont tous le même propriétaire.

Londres — La commission britannique de la concurrence (Competition Commission) a ordonné jeudi à BAA, un exploitant d'aéroports dans lequel la Caisse de dépôt et placement du Québec a une participation substantielle, de vendre trois de ses sept aéroports britanniques.

Dans un rapport faisant état de ses décisions finales relativement à son enquête de près de deux ans sur la place de BAA dans le marché britannique, la commission — qui avait déjà fait connaître ses couleurs en août dernier dans un vaste rapport détaillant ses observations et les corrections proposées — indique que l'entreprise devra vendre les aéroports de Gatwick et de Stansted, de même que celui d'Édimbourg ou celui de Glasgow.

La commission souligne que la cession de ces installations devra avoir été effectuée dans un délai de deux ans, soulignant que la vente de Gatwick est déjà en cours depuis septembre dernier. BAA avait entamé cette démarche dans la foulée de la publication des observations et mesures de correction proposées par la commission de la concurrence. Jeudi, dans son rapport final, la commission a souligné à nouveau, comme elle l'avait fait en août dernier, l'existence de problèmes affectant les passagers et les lignes aériennes aux sept aéroports de BAA au Royaume-Uni (Heathrow, Gatwick, Stansted et Southampton dans le sud de l'Angleterre, et Édimbourg, Glasgow et Aberdeen en Écosse). Un des principaux problèmes observés est un problème de manque de concurrence entre les aéroports compte tenu qu'ils ont tous le même propriétaire, a expliqué la commission.

Christopher Clarke, qui a présidé l'enquête sur les aéroports de BAA, écrit dans le rapport publié jeudi que la commission reconnaît qu'en ayant recours de cette façon à ses pouvoirs, elle aura un impact significatif sur les affaires de BAA. Il a toutefois ajouté que compte tenu de la nature et l'ampleur des problèmes de concurrence observés, l'organisme ne croit pas que d'autres mesures, comme la vente de seulement un aéroport de Londres, ou plus de réglementation, suffirait.

«Nous sommes confiants que la vente de ces aéroports sera favorable aux passagers et aux compagnies aériennes. Nous nous attendons à ce que les nouveaux propriétaires des aéroports, avec les capacités et les ressources financières requises pour les gérer de façon concurrentielle, seront beaucoup plus enclins que BAA à être à l'écoute de ses clients.»

Par ailleurs, la commission recommande que l'autorité de l'aviation civile du Royaume-Uni adopte certaines mesures ciblées à Heathrow, l'aéroport le plus occupé du pays, où BAA conservera une part de marché substantielle même après la vente de Gatwick et Stansted.

De son côté, jeudi, après la publication de ce rapport final, BAA a indiqué qu'elle allait l'examiner en détail avant de faire connaître sa réaction officielle.

Ce rapport a été soumis après maintes plaintes de compagnies aériennes désireuses de voir disparaître la mainmise de BAA sur les aéroports britanniques. L'entreprise gère environ 90 % du trafic passagers dans le sud-est de l'Angleterre et 63 % de tous les vols à destination et en provenance de Grande-Bretagne.

BAA (British Airports Authority) a été achetée en 2006 par Airport Development and Investment, une filiale de FGP Topco, dans laquelle, en date du 6 juin 2008, Grupo Ferrovial détenait 55,87 % des actions ordinaires. Les deux autres actionnaires dans FGP Topco sont Britannia Airport Partners (26,47 %), une entreprise gérée par la Caisse de dépôt et placement du Québec, et Baker Street Investment (17,65 %), une filiale de GIC Special Investments.

La part de la Caisse de dépôt était passée, au 31 décembre dernier, à 21,2 %.

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