Bernanke espère une conjoncture «bien plus dégagée» dans trois ans

Ben Bernanke a redit que la question des établissements «trop gros pour pouvoir faire faillite» sans conséquences dommageables pour l’ensemble du système financier était devenue un «problème énorme».
Photo: Agence Reuters Ben Bernanke a redit que la question des établissements «trop gros pour pouvoir faire faillite» sans conséquences dommageables pour l’ensemble du système financier était devenue un «problème énorme».

Washington — Le président de la banque centrale américaine (Fed) Ben Bernanke a déclaré hier qu'il tablait sur une conjoncture «bien plus dégagée» dans trois ans.

Il est «difficile d'envisager la conjoncture à laquelle nous ferons face dans trois ans, mais j'espère et je pense que cette conjoncture sera bien plus dégagée» qu'elle ne l'est aujourd'hui, a déclaré M. Bernanke lors d'un discours prononcé à Phoenix, dans l'Arizona, devant une convention de banquiers.

Bernanke a fait cette prévision à trois ans après avoir constaté qu'il s'était adressé à cette même convention trois ans plus tôt. Il n'a pas fait de prévision à plus court terme.

M. Bernanke a redit que la question des établissements «trop gros pour pouvoir faire faillite» sans conséquences dommageables pour l'ensemble du système financier était devenue un «problème énorme». Il a répété qu'il était temps de mettre en place une structure de régulation pour ces établissements quand il s'agissait d'institutions non bancaires (les banques faisant déjà l'objet d'une surveillance), mais sans préciser les contours d'une telle structure.

L'assureur américain AIG est l'archétype de ces établissements présentant un risque pour l'ensemble du système financier dont parle M. Bernanke. Sauvé par l'État pour un coût de plus de 170 milliards, AIG est depuis quelques jours au coeur d'un scandale pour avoir attribué 165 millions de dollars de primes à certains de ses cadres.

Sans mentionner le nom de ce groupe, secoué par l'affaire des primes versées à des cadres, M. Bernanke a déclaré que les «autorités de surveillance [devaient] porter une attention particulière aux pratiques de rémunération qui peuvent créer des distorsions entre les récompenses et les risques encourus par les institutions [financières] ou leurs dirigeants».

«Une politique de rémunération mal conçue peut déboucher sur des primes immorales qui peuvent mettre en péril en fin de compte la santé d'une organisation bancaire», a-t-il ajouté.

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