Allocution de Pierre Gauthier - Alstom pourrait bien profiter de la crise

Contrairement à bien d'autres entreprises qui se débattent pour traverser la crise économique actuelle, «Alstom affiche un optimisme certain», avec des commandes fermes pour les deux prochaines années et la perspective d'un potentiel de croissance exceptionnel dans les années qui vont suivre, grâce aux sommes colossales que le gouvernement américain va injecter dans plusieurs secteurs d'activité qui sont des spécialités pour Alstom.

Pierre Gauthier, qui cumule les fonctions de président d'Alstom Canada (depuis 2003) et d'Alstom USA (depuis 2008), est celui qui a exprimé cet optimisme hier midi devant le Cercle des relations internationales de Montréal. Les nouvelles politiques du président Obama en matière d'énergie et d'infrastructures sont de la musique aux oreilles des gens d'Alstom, particulièrement à celles de M. Gauthier, qui de son bureau à Washington est devenu un témoin privilégié de l'importante évolution américaine, avec par exemple un virage à 180 degrés dans le transport public et même à l'égard des trains à grande vitesse. «Côté transport, le Canada se stabilise et les États-Unis se modernisent», résume le président.

Au demeurant, le marché à venir n'est pas qu'américain, il est mondial. Cet optimisme s'applique aussi au marché canadien, même si le nombre et l'ampleur des mesures proposées sont beaucoup plus modestes, mais il est vrai aussi que la situation n'est pas la même, nuance M. Gauthier, qui prévoit tout de même que «le secteur canadien de l'hydroélectricité jouira d'une saine activité de développement malgré le ralentissement économique». Récemment, Alstom a augmenté du tiers la capacité de ses installations à Sorel-Tracy pour les divisions du génie et de la gestion de projets.

Le métro de Montréal

Bien sûr, il y a aussi l'alliance avec Bombardier pour un contrat de 336 voitures de métro d'une valeur d'un milliard. M. Gauthier espère une décision dans les prochaines semaines. On a rapporté que les soumissionnaires avaient demandé une hausse du prix. «Nous avons considéré toutes les spécifications demandées. La STM veut le métro le plus moderne et le meilleur au monde. Les coûts augmentent. Il y a la garantie, la durée de vie. Il y a des centaines de clauses et certaines clauses avec lesquelles on n'était pas à l'aise. On a dérogé, mais ce n'était pas sur des points critiques», a expliqué le président d'Alstom. Celui-ci n'a rien voulu dire sur «qui fera quoi» dans ce projet. Le choix de la meilleure technologie détermine en principe qui va effectuer le travail. Mais en cas de divergence d'opinions, il appartient à la STM de jouer à Salomon. M. Gauthier reconnaît qu'en ayant une usine à La Pocatière, Bombardier jouit d'un avantage.

Selon lui, Montréal a un plan de transport ambitieux, avec 21 chantiers à réaliser simultanément au cours de la prochaine décennie, dont la modernisation du métro, l'implantation d'un réseau de tramways et une navette ferroviaire entre l'aéroport et le centre-ville.

À voir en vidéo