La tentation du protectionnisme demeure

Ottawa — Les quatre députés bloquistes en voyage à Washington depuis deux jours sont inquiets de ce qu'ils entendent de la part des membres du Congrès américain. Les dangers du protectionnisme seraient toujours bien vivants, malgré les paroles rassurantes du président Barack Obama.

Les députés du Bloc québécois Claude Bachand, Carole Lavallée, Luc Malo et Meili Faille ont rencontré hier neuf élus de la Chambre des représentants et deux sénateurs du Congrès. «Il y a clairement une tendance lourde en faveur du protectionnisme, explique Claude Bachand, joint par Le Devoir à Washington. Quand les élus américains mettent dans la balance l'ALENA et les "jobs" des Américains, le libre-échange ne pèse pas très lourd.»

Tout juste avant l'adoption de son plan de relance économique de quelque 800 milliards $US, le président Obama avait soutenu que les États-Unis devaient se conformer aux ententes internationales, ce qui avait rassuré les groupes de pression favorables au libre-échange et les pays alliés de Washington, comme le Canada.

Mais la réalité pourrait être tout autre, dit Claude Bachand. «Ça va accrocher au niveau des États et des villes, qui ne se sentent pas liés par la promesse d'Obama. Quand ils vont recevoir l'argent du plan de relance, ils vont faire ce qu'ils veulent avec. Dans nos rencontres, on nous a dit clairement que la priorité irait aux compagnies américaines. Les élus américains nous disent qu'ils ont les mains liées par l'opinion publique, qui veut des "jobs" rapidement et à tout prix à cause de la crise.»

Selon le Bloc québécois, la visite éclair du premier ministre Harper aux États-Unis, quelques jours après la visite de Barack Obama à Ottawa, n'a pas été suffisante. Sur les ondes de plusieurs médias américains, Stephen Harper avait alors parlé de l'importance du libre-échange pour relancer l'économie. «Harper doit être plus actif dans le dossier et venir lui-même à Washington parler aux membres du Congrès, dit Claude Bachand. Sinon, les compagnies canadiennes vont perdre des contrats même si elles sont plus concurrentielles. Le danger est réel.»

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