IBM en discussion pour racheter Sun Microsystems

Une voiture quitte le siège social de Sun Microsystems, à Santa Clara, en Californie. IBM est prêt à débourser plus de 6,5 milliards, soit entre 10 et 11 $US par action, pour l’entreprise.
Photo: Agence France-Presse (photo) Une voiture quitte le siège social de Sun Microsystems, à Santa Clara, en Californie. IBM est prêt à débourser plus de 6,5 milliards, soit entre 10 et 11 $US par action, pour l’entreprise.

New York — IBM est en discussion pour racheter Sun Microsystems, apprenait-on hier de sources proches du dossier, ce qui devrait lui permettre de renforcer sa domination sur le marché très disputé des serveurs.

IBM est prêt à débourser plus de 6,5 milliards, soit entre 10 et 11 $US par action, l'équivalent de deux fois le cours de clôture de 4,97 $US de Sun Microsystems mardi, selon le Wall Street Journal qui a révélé l'information. L'action Sun gagnait 78 %, à 8,85 $US hier.

L'affaire, si elle se fait, sera la plus grosse acquisition jamais réalisée par IBM. Elle constituerait une rupture par rapport à la stratégie de Big Blue qui visait jusqu'ici à se renforcer dans les logiciels et les services plutôt que dans le matériel.

Son acquisition la plus importante à ce jour est l'achat du fabricant canadien de logiciels Cognos en 2008. En 2004, le groupe d'Armonk a vendu son activité d'ordinateurs personnels au chinois Lenovo.

Une cible

Le nom de Sun est depuis longtemps évoqué comme cible d'OPA tant pour IBM, que pour Dell ou Cisco Systems qui se battent pour le contrôle des centres de données pour les entreprises. Cisco a présenté cette semaine une gamme complète de centres de données.

Le Wall Street Journal précise que Sun, qui construit des serveurs haut de gamme et a créé le langage de programmation Java, a contacté plusieurs groupes de hautes technologies ces derniers mois dans l'espoir d'être racheté et ajoute que Hewlett-Packard a décliné l'offre.

Sun ne s'est jamais vraiment remis de l'éclatement de la bulle Internet et des télécoms au début des années 2000.

IBM est le premier fournisseur de serveurs, selon les données du quatrième trimestre 2008, avec une part de marché de 36,3 %, selon la société d'étude IDC. HP détenait 29 % de ce marché, Dell 10,6 %, Sun 9,3 % et le japonais Fujitsu 4,2 %. Les cinq groupes ont tous accusé une baisse de leur chiffre d'affaires au quatrième trimestre, conséquence du recul des investissements informatiques des entreprises avec la crise économique.

«IBM veut pouvoir offrir toute la gamme de l'offre informatique, que ce soit des machines, des logiciels ou des services», commente Avinash Vashistha, qui dirige le consultant Tholons. «Avec l'opération Sun, ils ne feront qu'accélérer cette stratégie mise en place ces dernières années.»

«Cela s'explique dans une optique de mouvement de concentration dans le secteur, mais si l'on regarde la performance de Sun sur les deux dernières années, ce n'est pas un des premiers choix d'achat que j'aurais choisi pour IBM», commente Robert Jakobsen, analyste chez Jyske Bank, joint par téléphone au Danemark.

«Cela dit, il y a évidemment des synergies très importantes à rapprocher ces deux sociétés», ajoute-t-il. «Le marché n'a pas été très gentil pour Sun Microsystems ces 12 derniers mois. Aussi, ce n'est pas une acquisition chère à mon avis.»

IBM disposait d'une trésorerie de près de 13 milliards fin 2008.

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