Merrill Lynch reconnaît une «irrégularité» qui aurait coûté 120 millions

Un courtier de Merrill Lynch basé à Londres, Alexis Stenfors, aurait perdu 120 millions sur le marché des changes.
Photo: Agence Reuters Un courtier de Merrill Lynch basé à Londres, Alexis Stenfors, aurait perdu 120 millions sur le marché des changes.

New York — La banque d'affaires américaine Merrill Lynch (Bank of America) a indiqué hier avoir alerté les autorités britanniques sur «une irrégularité» de courtage, alors que le New York Times faisait état de pertes chiffrées à 120 millions $US sur le marché des changes.

La banque, sans citer de chiffres, a estimé dans un communiqué que «les risques entourant des pertes potentielles [étaient] sous contrôle. Lors d'un récent examen de certaines positions de marché, nous avons découvert une irrégularité. Nous avons immédiatement informé les autorités de régulation et travaillons en étroite collaboration avec les autorités pour mener une enquête exhaustive», a-t-elle précisé.

Le New York Times a révélé hier qu'un courtier de Merrill Lynch basé à Londres, Alexis Stenfors, aurait perdu 120 millions sur le marché des changes. Les découvertes sur les activités de M. Stenfors ont poussé Bank of America, propriétaire de Merrill Lynch depuis le 1er janvier, à réexaminer les livres de comptes de certains de ses collègues à la recherche d'éventuelles autres pertes majeures, affirmait encore le quotidien.

En fait, toute la branche courtage de Merrill Lynch serait sous surveillance, alors que ses patrons Thomas Montag et David Gu ont reçu selon la presse certaines des plus grosses primes versées par la banque d'affaires juste avant son intégration dans Bank of America: M. Montag aurait touché 39 millions et M. Gu 15 millions.

Quant à M. Stenfors, dont les avocats joints à Londres par le quotidien ont évoqué un simple «malentendu», il aurait touché une prime «confortable», d'un montant non précisé, après avoir affirmé que ses activités avaient rapporté environ 120 millions à la banque en 2008.

Un géant

La fusion de Bank of America et Merrill Lynch a donné naissance à un géant bancaire hybride, mariant deux cultures d'entreprise très différentes: le goût du risque de la banque d'affaires est à l'opposé des valeurs de travail régulier affichées par la banque de Charlotte, en Caroline du Nord.

Le p.-d.g. de Bank of America, Ken Lewis, avait poussé le patron de Merrill Lynch, John Thain, à démissionner après la révélation que des primes mirifiques avaient été versées, alors même que la banque new-yorkaise accumulait 15,84 milliards de pertes rien que pour le quatrième trimestre.