Sunwing dénonce la diffamation dont elle est victime au Québec

Stephen Hunter, le chef de l’exploitation du Groupe de voyages Sunwing. «Nous sommes ici pour de bon!»
Photo: Jacques Grenier Stephen Hunter, le chef de l’exploitation du Groupe de voyages Sunwing. «Nous sommes ici pour de bon!»

Vacances Sunwing dérange. En croissance rapide au Canada, en croissance exponentielle au Québec, le voyagiste est la cible cet hiver d'une campagne de diffamation lancée par la concurrence et ses agences de voyages. L'entreprise a soutenu que, si elle s'y voit contrainte, elle demandera à ses avocats de poser les gestes appropriés auprès des auteurs des allégations mensongères. Mais Sunwing insiste surtout pour réitérer son engagement envers le Québec. «Nous sommes ici pour de bon!»

Stephen Hunter dénonce cette concurrence déloyale et cette campagne de diffamation dont l'entreprise est victime au Québec. Qualifiant ces gestes et allégations d'action désespérée, le chef de l'exploitation du Groupe de voyages Sunwing accumule les preuves contre ces agences de voyages exploitées par un concurrent ou tombant sous l'influence de celui-ci. «Nous allons poursuivre un à un les auteurs de ces fausses allégations. Nous n'aimons pas ce genre de bataille. Nous n'aimons pas consacrer de l'énergie à des choses négatives. C'est frustrant, c'est stupide. Les rumeurs, il y en aura toujours. Mais là, ça va trop loin. On s'attaque à l'intégrité et à la réputation de l'entreprise, de ses employés, de ses clients.»

Selon les preuves et les témoignages recueillis, le concurrent et ses agences font circuler des rumeurs voulant que Sunwing connaîtrait des difficultés financières. Certains font croire aux voyageurs qu'ils pourraient être laissés en plan à destination s'ils ont recours aux services de Sunwing. Des agences associées au concurrent exigeraient même des clients qu'ils leur signent une décharge de responsabilité s'ils s'en remettent à Sunwing. «Tout est faux!»

Stephen Hunter refuse de donner le nom de ce concurrent et de son réseau de quelque 200 agences. «Nous en sommes aux discussions entre avocats. Nous pensons aussi déposer une plainte devant le Bureau de la concurrence.» Mais celui qui a fondé Sunwing avec son père, Colin Hunter, veut surtout parler de son engagement envers le Québec.

Depuis le premier vol en partance de Montréal, le 4 novembre 2006, Sunwing Québec a fait voyager 300 000 clients-passagers. «Nous avons quelque 330 employés répartis entre notre base de Montréal et celle de Québec. Nous exploitons à partir de cinq aéroports au Québec, ce qui inclut Bagotville, Val-d'Or et Sept-Îles. Ceux qui se moquaient auparavant de nous nous imitent aujourd'hui», a souligné Sam Char, directeur exécutif.

Sunwing n'est pas venue ici pour écrémer le marché ni pour piger dans la clientèle des autres joueurs en présence. «Nous développons, nous stimulons le marché. Nous desservons des aéroports que personne ne voulait desservir. Nous offrons des vols directs de Québec vers le Sud l'année durant, ce qui n'avait jamais été fait avant. Nous offrons la flexibilité avec des voyages de courte durée, de trois, quatre ou cinq jours. Nous proposons un service à bord... Les agences présentes dans les régions où nous sommes ont vu leur chiffre d'affaires croître rapidement, certaines du simple au double. Notre impact au Québec et nos retombées sur les économies locales sont réels.» Stephen Hunter s'enflamme. «Les clients sont satisfaits et ils reviennent à Sunwing. Ce sont eux qui demandent Sunwing. Et le bouche à oreille est très fort.»

États financiers

Quant à la solidité financière? Sunwing n'est pas une entreprise inscrite en Bourse. N'empêche, Stephen Hunter sort de sa mallette des états financiers vérifiés. Selon ces documents présentés au Devoir sur la promesse de ne pas publier les données, la croissance est indéniable et la rentabilité, bien réelle. Toujours selon les documents présentés, le bilan de l'entreprise n'affiche aucune dette.

Le chiffre d'affaires est connu. Il oscille autour de 500 millions en 2008, comparativement à 200 millions en 2007. Il sera d'environ 700 millions cette année. Autre chiffre connu: la marge bénéficiaire brute. Celle de Sunwing atteignait l'an dernier les 8 %, légèrement au-dessus de sa moyenne de 7,5 %, alors que celle de son principal concurrent au Canada — qui a été déficitaire l'an dernier, rappelle Stephen Hunter — tourne autour de 3 %.

L'entreprise exploite désormais une flotte de 15 Boeing 737-800. «Nous venons d'ajouter six appareils, soit un engagement de quelque 500 millions. Croyez-vous qu'un locateur va laisser partir ses appareils sans exiger de garantie et de dépôt, et sans demander de voir les livres? Croyez-vous également qu'on n'a pas de chiffres à présenter auprès de l'Office de la protection du consommateur?»

Stephen Hunter en rajoute. «Les compagnies en difficulté réduisent leurs effectifs, coupent leurs routes et annoncent une réorganisation. Nous, nous augmentons la capacité sur l'ensemble de notre réseau, nous ajoutons des appareils à notre flotte, nous annonçons la desserte de deux nouveaux aéroports au Québec. Nous venons d'accroître notre capacité de 35 % au Canada, de 48 % au Québec. Pour sa part, la croissance de nos ventes se situe entre 12 et 15 % au-dessus de cet accroissement de capacité. Et nous augmentons notre service estival de 30 %. Est-ce là le portrait d'une entreprise en difficulté?»

«Nous sommes ici pour de bon. Nous aimerions que ce soit clair, que la diffamation cesse. Nous allons toujours défendre notre nom, notre compagnie», a martelé le chef d'exploitation de Sunwing.

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