Rapport du Conference Board - Les changements climatiques inquiètent les entreprises

Si certains craignent de divulguer leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), investisseurs et entreprises ont de plus en plus intérêt, sur le plan économique, à connaître le rendement énergétique et environnemental des utilisateurs industriels de combustibles fossiles.

Selon un rapport du Conference Board du Canada, le président Barack Obama n'est pas le seul à mettre les changements climatiques au centre de son écran radar: de plus en plus, en effet, les entreprises et les investisseurs ont un besoin stratégique de cette information.

Cette conclusion apparaît dans un rapport publié hier, intitulé The Carbon Disclosure Project: Why Should Companies Participate?, disponible sur le site Internet du Conference.

Selon ce rapport, «les investisseurs veulent savoir comment les entreprises seront touchées par les changements climatiques et connaître le plan d'action de chacune à cet égard. De plus, les entreprises dominantes reconnaissent qu'elles ont intérêt à dire comment elles gèrent les risques et comment elles saisissent les occasions suscitées par les changements climatiques.»

Il y a quelques années, les préoccupations pour les émissions de GES des entreprises étaient surtout le fait des environnementalistes puis, par la suite, des investisseurs dits éthiques.

Le coût des modifications à apporter aux systèmes de production ainsi que les achats de crédits de GES éventuellement requis pour atteindre les objectifs nationaux de réduction vont se traduire par des coûts importants qui pourraient déstabiliser les entreprises moins prévenantes et avantager par contre les autres, ce qui peut devenir un motif suffisant pour y investir ou y désinvestir.

«Les investisseurs institutionnels exigent des entreprises qu'elles communiquent les risques auxquels les exposent les changements climatiques, non seulement matériels et réglementaires, mais aussi pour la réputation et d'éventuels litiges, ainsi que les stratégies adoptées pour les maîtriser», explique Len Coad, directeur du bureau de l'Ouest du Conference Board, un affilié du Carbone Disclosure Project.

Parmi les 103 entreprises canadiennes cotées en Bourse qui ont participé au sondage du Conference Board, 90 voient dans la gestion des GES d'intéressantes possibilités d'affaires. Par contre, 85 voient dans la perspective des changements climatiques des risques pour leur avenir. Comme dans le dernier rapport du Carbon Disclosure Project, quatre entreprises sur cinq ont répondu qu'elles tenaient désormais compte des changements climatiques dans leurs stratégies de gestion de risques alors que le gouvernement canadien n'a pas encore de stratégie précise à l'endroit de ces mêmes entreprises et de leurs émissions.

La Loi canadienne sur la protection de l'environnement inclut désormais les gaz à effet de serre dans la liste des contaminants officiels, ce qui permet à Ottawa d'exiger des bilans d'émissions des grandes entreprises. Mais, jusqu'à présent, ces rapports n'ont pas été rendus publics.

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