Promesse de «jours meilleurs» - La presse applaudit Obama mais Wall Street fait la moue

Hier, Barack Obama a indiqué que son administration allait mettre en place avec le Congrès un nouveau «code de la route clair» pour le secteur financier afin d’empêcher une nouvelle crise.
Photo: Agence Reuters Hier, Barack Obama a indiqué que son administration allait mettre en place avec le Congrès un nouveau «code de la route clair» pour le secteur financier afin d’empêcher une nouvelle crise.

La promesse de «jours meilleurs» du président Obama a été bien saluée par la presse américaine. Elle n'a toutefois pas convaincue Wall Street, qui est demeurée sur son appétit.

La Bourse de New York a fini en nette baisse hier, à l'issue d'une séance volatile dominée par les inquiétudes qui continuent d'entourer le secteur financier: le Dow Jones a perdu 1,1 % et le Nasdaq 1,1 %. Le Dow Jones a lâché 80,05 points, à 7270,89 points et le Nasdaq, à dominante technologique, 16,40 points, à 1425,43 points. L'indice élargi Standard & Poor's 500 a abandonné quant à lui 1,1 % (8,24 points) à 764,90 points, dans un volume d'échanges relativement étoffé.

En matinée, la presse américaine faisait l'éloge du discours solennel de Barack Obama devant les deux Chambres réunies du Congrès la veille, saluant sa promesse de «jours meilleurs», mais aussi son assurance et son optimisme alors que le pays est pris dans une grave récession.

La réalité est cependant venue rattraper le président américain. Hier Barack Obama a indiqué que son administration allait mettre en place avec le Congrès un nouveau «code de la route clair» pour le secteur financier afin d'empêcher une nouvelle crise. «Nous ne pouvons plus permettre que les marchés du XXIe siècle soient gérés par des réglementations datant du XXe», a dit M. Obama après avoir réuni de hauts conseillers et d'éminents parlementaires à la Maison-Blanche pour engager le processus de nouvelle réglementation financière.

M. Obama a indiqué que son équipe économique développerait des recommandations et travaillerait avec les parlementaires pour qu'ils se mettent à la rédaction d'une législation dans les prochaines semaines et les prochains mois. Notamment:

- les institutions financières qui représentent des risques systémiques «graves» doivent être soumises à une surveillance sérieuse de la part du gouvernement parce que, a dit M. Obama, quand la Réserve fédérale doit intervenir en dernier recours en leur faveur comme elle a eu à le faire au cours des derniers mois, cela revient à une «police d'assurance signée de la main du contribuable américain»;

- le système réglementaire et tous les marchés doivent être assez solides pour résister aux tensions affectant tout le système et à la faillite d'une ou de plusieurs grandes institutions, ce qui réclame que soit contrôlée l'étendue des risques que peuvent prendre les institutions

- les États-Unis doivent obtenir des autres pays qu'ils procèdent de même parce que les problèmes «ne sont pas seulement des problèmes américains, ce sont des problèmes mondiaux».

Cela s'ajoute au dévoilement hier, par le département américain au Trésor et la Réserve fédérale des modalités du «Plan d'aide en capital», qui fournit les nouvelles lignes directrices au plan de sauvetage pour la finance voté par le Congrès en octobre. Les autorités de supervision travailleront avec les institutions pour estimer le champ des pertes futures possibles et les ressources pour absorber de telles pertes sur une période de deux ans. Si les ressources sont inférieures aux pertes potentielles, les banques devront d'abord se tourner vers des investisseurs privés pour renforcer leur capital. Mais si les capitaux privés ne suffisent pas, l'État sera alors amené à acheter de nouvelles actions préférentielles, comme il l'a fait depuis quatre mois.

Crédit d'impôt

Par ailleurs, le département américain au Trésor a aussi annoncé qu'il allait faire bénéficier les acquéreurs d'un premier logement d'un crédit d'impôt de 8000 $US, une mesure destinée à aider le marché immobilier. «Les primo-accédants représentent une part importante des ventes de logements anciens. En 2008, près d'un acheteur sur deux d'un logement le faisait pour la première fois, et l'expansion du crédit en leur faveur leur facilitera l'entrée sur le marché cette année», a indiqué le Trésor dans un communiqué.

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