Vidéotron va bien, Quebecor réduit sa perte

Le câblodistributeur Vidéotron a ajouté 54 100 abonnés à son service de téléphonie par câble, 32 400 abonnés à l’accès Internet par câble et 4800 lignes à son service de téléphonie sans fil.
Photo: Pascal Ratthé Le câblodistributeur Vidéotron a ajouté 54 100 abonnés à son service de téléphonie par câble, 32 400 abonnés à l’accès Internet par câble et 4800 lignes à son service de téléphonie sans fil.

Même si ses journaux naviguent dans un environnement «difficile», le groupe Quebecor est parvenu à réduire sa perte nette de 64 % au quatrième trimestre, grâce en bonne partie à la croissance des activités de câblodistribution de sa filiale Vidéotron.

Les dirigeants du conglomérat médiatique ont par ailleurs profité de la publication des résultats de fin d'exercice, hier, pour se féliciter d'avoir mis la main l'an dernier sur des licences d'exploitation du spectre dédié aux services sans fil évolués, et ils prévoient toujours lancer d'ici la fin de l'année 2009 leur propre service de téléphonie sans fil, malgré quelques heurts dans les négociations avec les entreprises titulaires.

«Nous venons tout juste de commencer à construire le réseau, et nous observons un certain manque de coopération de la part des entreprises titulaires pour ce qui est du partage des antennes et des accords d'itinérance», a noté le président et chef de la direction de Vidéotron, Robert Dépatie, lors d'une téléconférence avec les analystes.

«Nous croyons que dans la situation économique actuelle, ralentir un investissement qui apportera à la population québécoise plusieurs nouvelles possibilités et, de toute évidence, injecter beaucoup d'argent dans l'économie en cette période difficile, n'est pas loin d'être irresponsable», a renchéri le président et chef de la direction de Quebecor, Pierre Karl Péladeau.

Quebecor, qui a déboursé l'été dernier quelque 555 millions pour mettre la main sur 17 licences d'exploitation, s'attend à ce qu'ultimement la réglementation du ministère de l'Industrie et le processus d'arbitrage lui donnent raison à ce chapitre.

«À part cela, tout se déroule comme prévu pour ce qui est du déploiement du réseau, alors nous estimons que nous pouvons toujours viser la fenêtre [de 12 à 18 mois] annoncée il y a six mois [pour le lancement du service]», a précisé M. Dépatie.

Les revenus du quatrième trimestre ont continué de profiter de la croissance des activités de câblodistribution de Vidéotron, le chiffre d'affaires de ce secteur ayant avancé de 10,8 % par rapport à l'année précédente, pour atteindre 473,5 millions.

Nouveaux clients

Vidéotron a continué à recruter de nouveaux clients pour ses différents services, mais cela s'est généralement déroulé à un rythme légèrement inférieur à celui de l'an dernier. Le câblodistributeur a ainsi ajouté 54 100 abonnés à son service de téléphonie par câble, 32 400 abonnés à l'accès Internet par câble et 4800 lignes à son service de téléphonie sans fil.

L'ensemble des services de télédistribution a gagné 24 100 nouveaux clients, une progression plus rapide qu'un an plus tôt, attribuable en partie à la plus forte augmentation trimestrielle de clientèle qu'ait connu le service de télévision numérique depuis sa création, en 1999. Le revenu mensuel moyen par abonné s'est établi à 83,62 $, une hausse de 10,1 % par rapport à 75,97 $ un an plus tôt.

«L'attrait de nos forfaits, ainsi que la fiabilité de nos produits et notre attention au service à la clientèle, continuent d'être la clé de notre succès, a observé M. Dépatie. En 2008, 60 % des clients qui se sont abonnés au service de téléphonie par Internet se sont aussi abonnés à un autre service. À la fin de 2008, 65 % de nos clients étaient abonnés à au moins deux de nos services, contre 58 % un an plus tôt.»

Pour l'ensemble du groupe Quebecor, la perte nette pour le trimestre terminé le 31 décembre s'est établie à 343,7 millions, ou 5,34 $ par action, alors qu'elle était de 962,6 millions, ou 14,99 $ par action, un an plus tôt. Cette perte comprend notamment une dépréciation de 671,2 millions liée principalement au secteur des journaux, qui a subi une réduction de 10 % de ses effectifs en décembre dernier.

«Le secteur journaux traverse une période de profondes transformations touchant l'ensemble de l'industrie des journaux depuis quelques années, ce qui, jumelé à l'environnement financier et économique difficile, a affecté négativement les revenus publicitaires du secteur», a expliqué M. Péladeau. «Nous sommes dans un processus de transformation de notre modèle d'affaires pour les journaux», a-t-il indiqué, rappelant avoir pris des «décisions difficiles», notamment en annonçant en décembre la mise à pied de 10 % de l'effectif de ce secteur. M. Péladeau compte sur un plan d'amélioration de la productivité et de maximisation des occasions de croissance des revenus.

En ce sens, le déclenchement d'un lock-out visant quelque 250 employés du Journal de Montréal, le mois dernier, «reflète clairement notre intention de réviser tous les aspects de ce secteur d'affaires, a estimé M. Péladeau. La direction reste engagée à régler ce conflit de travail et invite les représentants des employés à adopter une approche plus réaliste sur les problèmes auxquels l'organisation fait face.»

Sur l'ensemble de l'exercice, Quebecor a dégagé un bénéfice net de 187,3 millions, soit 2,91 $ par action, par rapport à une perte nette de 969,2 millions, ou 15,07 $ l'action, pour l'exercice 2007. Ses revenus annuels ont grimpé de 10,8 % en 2008 pour atteindre 3,73 milliards, contre 3,37 milliards un an plus tôt.

Malgré sa faible présence dans les provinces hors-Québec, Quebecor ne prévoit pas réaliser d'acquisitions stratégiques prochainement et s'est contenté de répéter hier que son bilan était sa principale priorité cette année.

L'entreprise ne prévoit pas davantage s'adresser aux marchés de capitaux pour financer ses projets à venir, notamment celui du sans-fil. «Je voudrais faire remarquer que nous avions préfinancé les coûts liés à l'achat du spectre et que les futurs besoins en argent seront financés via nos flux de trésorerie et nos facilités de crédit disponibles», a précisé M. Péladeau.

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