La Caisse aurait pu en faire plus, dit Arsenault

Michel Arsenault, président de la FTQ et président du conseil d’administration du Fonds de solidarité.
Photo: Jean-François Leblanc Michel Arsenault, président de la FTQ et président du conseil d’administration du Fonds de solidarité.

Le président de la FTQ et président du conseil d'administration du Fonds de solidarité, Michel Arsenault, estime que la Caisse de dépôt n'en a pas fait assez pour l'économie québécoise ces dernières années, alors que le Fonds de solidarité, lui, joue pleinement ce rôle.

«C'est nous autres qui fait la job. C'est nous autres qui fait l'ouvrage», a-t-il lancé en entrevue avec La Presse canadienne hier, après qu'il se soit adressé à l'association des Manufacturiers et exportateurs du Québec.

Le président de la centrale syndicale a affirmé que la Caisse de dépôt et placement aurait pu en faire davantage, ces dernières années, pour stimuler l'économie québécoise et sauvegarder des emplois. «La Caisse de dépôt aurait pu faire plus et pourrait faire plus dans l'avenir», a lancé M. Arsenault, qui ne cache pas qu'il aspire à succéder à l'ancien président de la FTQ Henri Massé comme membre du conseil d'administration de la Caisse de dépôt.

Le président du conseil d'administration du Fonds de solidarité a déploré le fait que «dans les dernières années, la Caisse s'est surtout concentrée sur les investissements à l'extérieur du Québec», contrairement au Fonds de solidarité.

Le Fonds de solidarité avait un actif net de 6,2 milliards le 30 novembre dernier et sa campagne de souscription pour cette année atteint 700 millions. M. Arsenault a rappelé que le Fonds «a l'obligation en vertu de la loi d'investir 60 % de nos avoirs dans l'économie du Québec. C'est vraiment notre mission.» Et ses placements au Québec ont même mieux fait que l'ensemble de ses placements, a-t-on précisé au Fonds de solidarité FTQ.

«Buy Canada»

M. Arsenault croit que le Québec est mieux placé pour se sortir de la crise que bien d'autres provinces ou même que les États-Unis, grâce à ses outils comme Investissement Québec, la Caisse de dépôt, le Fonds de solidarité, la Société générale de financement et le Mouvement Desjardins. «Mon message en est un de main tendue, qu'on puisse tout le monde mettre la main à la pâte» pour sortir de la crise, a-t-il dit.

Devant les convives manufacturiers, le président de la centrale de 550 000 membres a aussi défendu l'idée d'une politique d'achat canadien, une sorte de «Buy Canada Act», qui serait l'équivalent de ce qu'a proposé Barack Obama pour les États-Unis.

«On devrait s'occuper de nous autres avant d'encourager les autres», s'est-il exclamé, déplorant que de grands projets de routes, par exemple, soient confiés à des consortiums étrangers, alors que le Québec abrite d'excellentes firmes d'ingénieurs. C'est «insultant pour nos ingénieurs» et pour nos entrepreneurs, a-t-il lancé.

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