Marché des produits dérivés - Le Groupe TSX aurait bluffé la Bourse de Montréal

L’arrivée potentielle d’une nouvelle Bourse canadienne de produits dérivés dans les plates-bandes de la Bourse de Montréal est l’une des raisons qui l’ont incité à céder aux avances du Groupe TSX, à la fin 2007.
Photo: Agence Reuters L’arrivée potentielle d’une nouvelle Bourse canadienne de produits dérivés dans les plates-bandes de la Bourse de Montréal est l’une des raisons qui l’ont incité à céder aux avances du Groupe TSX, à la fin 2007.

Dans les mois précédant l'acquisition de la Bourse de Montréal, le Groupe TSX n'avait pas préparé de «plan d'affaires concret» pour concurrencer l'institution québécoise sur le marché des produits dérivés, a révélé hier le Bureau de la concurrence.

La société torontoise avait annoncé, en mars 2007, un partenariat avec l'américaine International Securities Exchange (ISE) pour lancer, deux ans plus tard, une nouvelle Bourse canadienne de produits dérivés, appelée DEX. Or, à la suite d'un examen approfondi, le Bureau de la concurrence soutient qu'«il n'existait pas de plan d'affaires concret mis au point par le Groupe TSX ou l'ISE pour la création de DEX». Pour l'organisme fédéral, «il n'était nullement certain que DEX serait mise sur pied».

L'arrivée potentielle de DEX dans ses plates-bandes est l'une des raisons qui ont incité la Bourse de Montréal à céder, finalement, aux avances du Groupe TSX, à la fin 2007. Ainsi, dans la foulée de l'annonce de mars 2007 du Groupe TSX et de l'ISE, l'institution montréalaise avait entrepris un «examen exhaustif des options stratégiques» s'offrant à elle.

Après avoir reçu, en septembre 2007, une offre d'achat non sollicitée de la part d'un groupe boursier américain, la Bourse de Montréal a amorcé des discussions avec le Groupe TSX. L'acquisition du parquet montréalais par la société torontoise a été annoncée en décembre, puis approuvée au début de 2008. L'entreprise s'appelle désormais Groupe TMX.

Le Bureau de la concurrence avait déjà autorisé la transaction, mais n'avait pas encore publié ses motifs. Dans le document rendu public hier, l'organisme réglementaire affirme que la vente de la Bourse de Montréal au Groupe TMX n'est pas susceptible de diminuer la concurrence dans les marchés boursiers canadiens.

On souligne notamment le lancement, en novembre, d'un concurrent de la Bourse de Toronto, Alpha Trading Systems, un système de négociation parallèle appartenant aux grands courtiers canadiens et à l'Office d'investissement du Régime de pensions du Canada.

Dans le cadre de son examen, le Bureau de la concurrence a interrogé une quarantaine d'intervenants de l'industrie, notamment des concurrents et des clients du Groupe TMX, de même que des membres du personnel d'organismes de réglementation.

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