Fondaction met 30 millions dans l'immobilier

Fondaction CSN a créé un fonds d'investissement immobilier en y plaçant 30 millions. La Société de développement Angus (SDA), qui en assumera la gestion, et Fondaction annonçaient hier un premier investissement de 5 millions dans le projet du 2-22, l'édifice phare du Quartier des spectacles à l'angle de la rue Sainte-Catherine et du boulevard Saint-Laurent, à Montréal.

La SDA a acquis une expertise précieuse dans le développement du technopôle Angus sur le site des anciennes usines Angus, où se trouvent aujourd'hui 46 entreprises qui emploient 1200 personnes. En ajoutant à son portefeuille un fonds d'investissement immobilier voué à la revitalisation urbaine, Fondaction ne voyait pas mieux que la SDA et son président-directeur général, Christian Yaccarini, pour en assumer la gestion. D'ailleurs, Fondaction est impliqué dans le financement du projet Angus depuis ses débuts.

Le Fonds immobilier Angus (FIA), le nom donné à ce nouveau fonds, a pour mission d'investir dans des projets qui ne se trouvent pas dans le technopôle Angus, mais ailleurs sur le territoire montréalais. Il a pour mission de «recomposer le tissu urbain», comme le dit Léopold Beaulieu, président-directeur général. M. Yaccarini définit un bon projet pour le FIA dans les termes suivants: «C'est 15 % de chômage, des terrains vacants, des coins complètement déstructurés. L'idée première est de concevoir des projets, après on pense à l'immobilier.»

À cet égard, il ne saurait y avoir d'endroit plus visible et connu pour lancer un projet qui corresponde à cette définition que la rencontre de la rue Sainte-Catherine et du boulevard Saint-Laurent. Le 2-22 se situera sur le côté sud-est du carrefour et il sera «une porte d'entrée pour le Quartier des spectacles». Ce sera un immeuble à vocation culturelle dont l'architecte français de renom Paul Andreu a accepté de faire les plans, bien qu'il ne s'agisse que d'un projet de 16 millions. La Ville de Montréal a déjà consenti un bail emphytéotique comprenant une option d'achat, mais aussi la condition que l'immeuble de six étages (une fois un amendement de zonage obtenu) conserve sa vocation culturelle pendant 30 ans. Le montage financier comprend 5 millions venant de la FIA, 5 millions venant de fonds publics, et le reste sous forme de prêts hypothécaires. Les travaux d'excavation de l'édifice 2-22 doivent commencer l'automne prochain et l'ouverture de l'immeuble aura lieu en 2010.

En conférence de presse, on a confirmé qu'un autre projet pourrait peut-être voir le jour autour de la station de métro de la rue Saint-Laurent, à quelques pas de la rue Sainte-Catherine. «On discute avec la Ville à propos du terrain du métro, un terrain vague depuis 48 ans», souligne M. Yaccarini. Mais pour l'heure, il n'y a rien de concret à annoncer à ce sujet.

De son côté, Fondaction s'attend que FIA, à qui il confie 30 millions, génère un rendement comparable à celui de tout autre investissement immobilier. Pendant la période de développement, qui présente davantage de risques, le rendement doit se situer à environ 15 %. Par la suite, on vise un rendement autour de 10 %. Ces prévisions sont conformes aux rendements que Fondaction a obtenus avec des placements dans le technopôle Angus. M. Beaulieu a souligné que le FIA veut être un fonds ouvert à d'autres partenariats dans le futur.

Par ailleurs, M. Yaccarini continue de diriger la Société de développement Angus, qui devrait bientôt annoncer la construction d'un onzième édifice. Il reconnaît cependant que la crise mondiale actuelle le rend nerveux. Il surveille notamment deux indicateurs: le paiement des loyers par ses locataires et le licenciement d'employés dans les entreprises logeant dans le technopôle. À ce jour, tout fonctionne normalement, dit-il.

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