Sondage «coup de fouet» pour les PME québécoises

Selon un sondage dévoilé par la Fondation de l’entrepreneurship,  «s’imaginer que les Québécois sont entrepreneurs dans l’âme est un mythe», a déclaré le président de la Fondation.
Photo: Agence Reuters Selon un sondage dévoilé par la Fondation de l’entrepreneurship, «s’imaginer que les Québécois sont entrepreneurs dans l’âme est un mythe», a déclaré le président de la Fondation.

Ce n'est ni plus ni moins qu'un sondage «coup de fouet» qu'a exposé la semaine dernière la Fondation de l'entrepreneurship en présentant son nouvel Indice entrepreneurial québécois, qui ébranle le mythe que les Québécois sont des entrepreneurs nés.

Les faits saillants de cette enquête sont les suivants: il y a en proportion deux fois moins de propriétaires d'entreprises au Québec qu'ailleurs au Canada. La période de démarrage de nos entreprises y est plus longue que dans les autres provinces, et ces entreprises durent moins longtemps. L'entrepreneur québécois est généralement inexpérimenté, et la culture québécoise est un frein au développement de l'entrepreneuriat. «Il s'agit d'un constat très alarmant pour la santé entrepreneuriale du Québec. S'imaginer que les Québécois sont entrepreneurs dans l'âme est un mythe», déclarait alors Mario Girard, président-directeur de la Fondation de l'entrepreneurship.

En sonnant ainsi l'alarme, M. Girard semble laisser entendre que la situation va en se détériorant. Est-ce vraiment le cas? Selon Nathaly Riverin, vice-présidente vigie, recherche et développement à la Fondation, le désir des Québécois d'entreprendre a fondu de moitié en deux ans. Il était d'environ 15 % en 2007, d'après Global Entrepreneurship Monitor, un consortium de recherche.

M. Girard s'est limité à dire que, pour la première fois cette année, un sondage était mené, selon toutes les règles de l'art par Léger Marketing auprès de 17 192 personnes, soit 10 665 au Québec et 6527 dans le reste du Canada. Cela a permis d'établir qu'au Québec 56 % des entrepreneurs lancent une entreprise pour la première fois (83 % chez les jeunes de 18 à 35 ans), comparativement à 47 % ailleurs au Canada (53 % pour les 18 à 35 ans). Au Canada, 7,4 % de la population a l'intention de lancer une entreprise, au Québec, c'est 7,1 %. Dans le contexte économique actuel, 40 % au Québec se disent freinés dans leur effort de création d'une entreprise, en comparaison de 37 % ailleurs. Au Québec, on pardonne difficilement l'échec, alors qu'au Canada on voit cela comme faisant partie de l'apprentissage. Les Québécois s'estiment moins compétents que leurs collègues canadiens et doivent surmonter la barrière de la langue pour atteindre le marché international.

Désormais, affirme M. Girard, on va mesurer la performance des entrepreneurs québécois chaque année, pas seulement avec le Canada anglais, mais aussi avec la France et ensuite avec les Américains. Il est convaincu qu'il est très difficile de progresser s'il n'y a pas un indice de mesure pour comparer avec d'autres sociétés et d'une année à l'autre.

«Sur un horizon de 10 ans, nous pouvons dépasser la moyenne canadienne. C'est réaliste», dit-il, en rappelant qu'il existe au Québec au moins 24 organismes qui travaillent à promouvoir l'entrepreneuriat et à aider les jeunes entrepreneurs. Un tel sondage jette en quelque sorte une douche froide sur l'entrepreneurship québécois que l'on a beaucoup vanté depuis les années 1980, alors que des centaines de diplômés sortaient des facultés d'administration. N'y a-t-il pas un paradoxe? M. Girard répond à cela qu'un gestionnaire n'égale pas un entrepreneur et que l'on peut être un bon entrepreneur sans être un gestionnaire et vice versa.

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