Perte de 15 % pour OMERS

Bien que les marchés boursiers se soient effondrés, le régime de retraite des employés municipaux de l'Ontario (OMERS) a limité ses pertes à 15,3 % l'an dernier, a indiqué hier sa direction. Du coup, son actif net est passé de 52 à 44 milliards.

La publication des résultats d'OMERS a ceci d'intéressant qu'elle survient à quelques heures du même exercice que fera demain matin la Caisse de dépôt et placement du Québec, dont la perte sera assurément la pire de son histoire. «La crise financière qui a ravagé les marchés mondiaux en 2008 est un événement qui n'arrive qu'une fois dans une vie», a dit dans un communiqué le président-directeur général d'OMERS, Michael Nobrega, en rappelant que les marchés boursiers ont chuté de 40 %. «OMERS n'a pas été épargné, même si nous estimons nous en être plutôt bien sortis.»

OMERS, qui gère l'épargne d'environ 380 000 employés actifs et retraités, a dit qu'une étude de RBC Dexia Investor Services le place «dans le quartile supérieur pour l'exercice et pour la période des cinq dernières années».

Pas de PCAA

Les placements d'OMERS sur les marchés publics ont chuté de 19,5 %. Mais la direction s'est félicitée du fait que les investissements en infrastructures et en immobilier ont généré respectivement des rendements de 11,5 % et 6 %.

Elle a aussi signalé, avec fierté, «notre décision de ne pas investir dans certains produits financiers à risque élevé», une référence directe au papier commercial adossé à des créances et à d'autres produits ésotériques qui ont fait la manchette, comme les credit default swaps.

Par ailleurs, OMERS a dit être moins exposée qu'auparavant aux marchés boursiers et obligataires, conséquence d'un effort visant à se concentrer davantage sur les entreprises à capital fermé.

«Depuis l'adoption de notre politique de répartition de l'actif en 2003, nous avons réduit nos placements sur les marchés publics de 82,2 % à 60,2 %», a dit le directeur financier, Patrick Crowley. Un porte-parole a toutefois reconnu que cela est partiellement attribuable au fait que le portefeuille de placements sur les marchés publics a diminué de valeur.

Pire que son indice

La performance de 2008 fait suite à un pointage positif de 8,7 % en 2007. Mais pour déterminer s'il a fait mieux ou moins bien que le marché, un gestionnaire de régime se compare toujours à un «indice de référence». Dans le cas présent, OMERS n'a pu faire mieux que son indice, puisque celui-ci n'a reculé que de 13,2 %.

Les résultats d'OMERS ouvrent le bal à la saison des résultats des régimes de retraite, lesquels devraient tous se solder par de lourdes pertes.

Disant avoir vu des chiffres «qui circulent à l'interne», La Presse a récemment écrit que la Caisse a perdu 38 milliards en 2008, pour un rendement négatif de 26 %. En 2007, la Caisse de dépôt, qui était déjà confrontée aux problèmes du papier commercial, avait affiché un rendement positif de 5,6 %.

Présidée de façon intérimaire par Fernand Perreault, la Caisse de dépôt gère l'argent de 25 déposants, soit un actif net de 155 milliards. Parmi ces déposants figurent le Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics, la Régie des rentes et la Commission de la construction du Québec.

Du côté de Teachers, le régime des enseignants de l'Ontario à qui se fait souvent comparer la Caisse, la performance de 2007 s'était chiffrée à 4,5 %. Traditionnellement, Teachers publie ses résultats vers la fin du mois de mars.

Un autre gros gestionnaire, le Régime de pensions du Canada (RPC), a affiché d'avril à décembre 2008 un rendement négatif de 13,7 %.

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