Audi A4 - Au centre du premier trio

Naguère critiquée pour la petitesse de son habitacle, l’A4 n’a cessé de prendre du volume au fil des refontes, et la tendance se poursuit avec la quatrième génération, plus longue (de 12 centimètres) et plus large (5 centimètres) que sa devan
Photo: Naguère critiquée pour la petitesse de son habitacle, l’A4 n’a cessé de prendre du volume au fil des refontes, et la tendance se poursuit avec la quatrième génération, plus longue (de 12 centimètres) et plus large (5 centimètres) que sa devan

Le renouvellement de l'A4 n'est rien de moins que crucial pour Audi en Amérique du Nord. Ce modèle est le pain et le beurre de la marque allemande de ce côté-ci de l'Atlantique, en plus de l'avoir sauvée après des décennies difficiles, marquées par un manque de fiabilité chronique ainsi qu'une sombre histoire d'accélérations subites, montée en épingle par une émission d'affaires publiques à la télévision américaine. N'eût été l'A4, la marque aux anneaux ne serait peut-être plus présente sur notre marché.

L'A4 a été lancée en 1995, en remplacement des Audi 80 et 90. La gamme s'est ensuite enrichie de plusieurs configurations: à la berline originale se sont ajoutés un cabriolet et une familiale. Les versions se sont, elles aussi, multipliées, notamment avec les sportives S4 et RS4, livrables elles aussi sous différentes configurations. Bref, le catalogue A4 est bien garni — comme le sont, du reste, ceux de ses compatriotes mais néanmoins rivales, les BMW Série 3 et Mercedes Classe C.

Plus longue et plus large

L'une des raisons du succès instantané de l'Audi A4, lors de son lancement, était sa beauté. Qu'on le veuille ou non, l'apparence demeure un facteur important dans l'achat d'un véhicule, encore plus dans les gammes supérieures. Les générations suivantes n'ont jamais égalé ce chef-d'oeuvre de design qu'était la première A4; leurs lignes sont devenues plus sobres, plus discrètes. Même si elle reprend les grandes lignes du modèle précédent, la troisième génération retrouve un peu de son éclat avec ses lignes tendues, ses flancs creusés et son faciès plus agressif.

Naguère critiquée pour la petitesse de son habitacle, l'A4 n'a cessé de prendre du volume au fil des refontes, et la tendance se poursuit avec la quatrième génération, plus longue (de 12 centimètres) et plus large (5 centimètres) que sa devancière.

L'exemple à suivre

Depuis les années 90, les habitacles des Audi sont devenus la référence en matière de finition et de construction. La nouvelle A4 continue de porter le flambeau bien haut avec son assemblage irréprochable, ses matériaux de qualité et sa décoration de bon goût. Rien d'exubérant, juste ce qu'il faut: dans une Audi, c'est sobre, mais jamais austère ou, à l'autre extrême, clinquant. Pas de bling-bling, comme disent les Français.

Le tableau de bord est dominé par deux gros cadrans (vitesse et compte-tours), les autres fonctions étant intégrées dans l'ordinateur de bord. L'interface multimédia des A4 n'est pas aussi compliquée que celle des BMW et Mercedes, mais ce n'est pas simple pour autant; les acheteurs qui ne sont pas des technophiles risquent de pester à l'occasion.

L'ergonomie est une autre science que les ingénieurs d'Audi maîtrisent fort bien. Dans une A4, tout est à la portée du bout des doigts: les leviers, les commandes, l'ordinateur de bord. Quant aux espaces de rangement, ils sont logeables et bien disposés.

Dans la plus pure tradition germanique, les sièges sont fermes, mais bien rembourrés. À l'avant, ils procurent un bon soutien lombaire, mais le soutien latéral est déficient, surtout avec la sellerie cuir, plus glissante. Évidemment, ceci ne s'applique pas aux baquets des S4 et RS4, nettement plus enveloppants, vocation sportive oblige.

Malgré ses dimensions accrues, l'A4 de troisième génération n'est pas beaucoup plus généreuse en espace que le modèle précédent. Le dégagement pour la tête et les jambes est correct, sans plus; l'A4 demeure néanmoins plus spacieuse qu'une BMW Série 3 ou une Mercedes Classe C. C'est plutôt la familiale Avant (si, si, c'est son nom) qui profite de la croissance du nouveau modèle, avec son espace accru pour les bagages, à l'arrière. Le compartiment en question est d'ailleurs bien conçu, avec son panneau arrière flexible pour cacher les objets, ses points d'ancrage et ses petits compartiments avec filet. Bien pensé.

Mécanique de haut rang

La gamme A4 compte de nombreuses versions, on l'a dit, et elles se différencient notamment par leurs motorisations. Comme la refonte de l'A4 est une démarche étapiste, le 4-cylindres de 2 litres (211 chevaux) et le V6 de 3,2 litres (265 chevaux) sont les deux moteurs disponibles pour le moment. Maintenant, soyez attentifs pour ce qui va suivre, car ce n'est pas simple. Les berlines A4 peuvent recevoir ces deux moteurs, mais la familiale Avant doit se contenter — pour l'instant — du 4-cylindres suralimenté (turbo). Quant aux cabriolets A4 et S4, ce sont ceux de l'ancienne génération, car l'arrivée prochaine du cabriolet A5 entraînera leur disparition pour l'année-modèle 2010. En attendant, le cabriolet A4 peut recevoir le 4-cylindres ou le V6, tandis que la S4 conserve son V8 de 4,2 litres. La future S4, attendue dans les prochains mois, délaissera cependant son V8 au profit d'un V6 suralimenté de 3 litres.

Ça va, vous êtes toujours là?

Tant le 4-cylindres que le V6 bénéficient de l'injection directe, qui les rend à la fois plus puissants et moins gourmands. Le 4-cylindres est ainsi un des rares moteurs suralimentés à ne pas pénaliser la consommation d'essence. Ce moteur, il faut bien le dire, est une réussite sur tous les plans: le couple et la puissance sont savamment répartis, comme en témoignent l'accélération et les reprises, peu importe le régime. Par ailleurs, il ne souffre pas du jumelage avec une boîte automatique. Le raffinement de cette dernière y est aussi pour quelque chose: dotée de six rapports, elle opère avec rigueur, mais aussi avec douceur. Une boîte manuelle, également à six rapports, est aussi disponible.

Un cran plus haut, le V6 continue de faire honneur à l'excellente réputation des constructeurs allemands en matière de mécanique. Il brille par sa souplesse et la boîte automatique gère sa puissance avec doigté. Sur le continent européen, trois motorisations diesel sont également offertes et il est question que l'une d'entre elles fasse le voyage en Amérique d'ici l'automne.

Tout bien

Dans ce segment de voitures de luxe, la BMW Série 3 demeure, encore et toujours, la mesure-étalon. La nouvelle A4 se rapproche de plus en plus de sa rivale bavaroise, grâce à une nouvelle répartition des masses, qui lui confère un meilleur équilibre général. L'Audi n'a pas encore ce petit quelque chose de la «Béhème», ce dynamisme incomparable, mais elle fait tout bien. Elle est maniable, freine avec autorité et brille par son aplomb dans les virages. Le roulis est à peine perceptible, et la caisse reste bien neutre. La motricité exceptionnelle du système de traction intégrale quattro confère une grande assurance en toute condition, sur le sec, le mouillé ou la neige.

L'A4 propose aussi une panoplie de dispositifs d'aides électroniques à la conduite, notamment la direction active et le système Drive Select, qui permet, grosso modo, d'adapter la direction (et plusieurs autres paramètres) au style de conduite. Mentionnons également un régulateur de vitesse dit intelligent, qui ralentit la voiture lorsqu'elle s'approche de celle qui précède. Pour ma part, je déteste ce genre de dispositif, qui veut conduire à ma place; de plus, cette ribambelle électronique est offerte en option et la note peut devenir salée, voire très salée.

Conclusion

Depuis près de 15 ans, la Sainte-Trinité allemande, composée de l'Audi A4, de la BMW Série 3 et de la Mercedes Classe C, domine le créneau des berlines de luxe d'entrée de gamme. Même si ce segment a connu un boom avec l'arrivée des marques de prestige japonaises et la percée, lente mais constante, des constructeurs américains, ces trois modèles germaniques forment toujours le premier trio. L'Audi A4 serait en quelque sorte le joueur de centre: la plus polyvalente, qui combine les qualités de ses deux ailiers.

La troisième génération a progressé à tous les niveaux: son comportement se rapproche de plus en plus de celui de la BMW et elle n'a pas grand-chose à envier à la Mercedes en matière de confort. Mieux encore, elle surpasse ses deux compatriotes au chapitre de la fiabilité; et, cerise sur le gâteau, les concessionnaires Audi assurent un meilleur service. Pour toutes ces raisons, l'Audi A4 s'est hissée parmi les meilleures voitures du monde et cette nouvelle mouture est la plus accomplie. Bref, c'est un grand cru. Assurément.

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Collaborateur du Devoir

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FICHE TECHNIQUE

AUDI A4

- Moteur: 4 cyl. 2,0 litres turbo

- Puissance: 211 ch

- 0-100 km/h: 7,3 s

- Vitesse maximale: 210 km/h (limitée électroniquement)

- Consommation: 8,3 litres/100 km

- Échelle de prix: 35 350 $ à 50 950 $

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