Automobile - Les constructeurs attendent l'aide d'Ottawa avec impatience

Aux prises avec des ventes en chute libre et nombre de clients qui n'arrivent pas à obtenir du financement, les constructeurs automobiles espèrent que le plan d'aide de 12 milliards annoncé par les conservateurs dans le budget sera mis en place au plus vite.

Les derniers mois de la crise du crédit ont fait en sorte que les concessionnaires ne peuvent plus compter sur l'appui financier des constructeurs. Ils se sont tournés vers les établissements bancaires, mais ceux-ci ne sont pas plus disposés à les aider.

Le 27 janvier, donc, Ottawa a annoncé la mise de côté de 12 milliards qui serviront à acheter des titres adossés à des prêts et à des baux automobiles, un geste qui aura pour but de décongestionner la mécanique de financement qui empêche certains clients de passer à la caisse et qui complique les opérations au sein des concessionnaires.

Le budget fédéral, qui contient aussi des mesures importantes de plusieurs milliards pour les programmes d'infrastructures, n'a pas encore été approuvé.

«Nos concessionnaires ont de la difficulté avec la crise, ils n'arrivent pas à obtenir du crédit pour nous acheter des véhicules, alors si ça se poursuit, ça pourrait ajouter une pression significative sur eux», a dit hier Mary Gauthier, porte-parole de Chrysler Canada. «Ce plan de 12 milliards, on en a besoin maintenant», a-t-elle ajouté.

Au Canada, Chrysler compte environ 450 concessionnaires, exploités par des franchisés. Au Québec, il y en a 95.

«Nos concessionnaires nous disent qu'environ le quart des clients sont présentement incapables d'obtenir du financement», a dit Mme Gauthier. Dans une entrevue au Toronto Star la semaine dernière, le président de Chrysler Canada, Reid Bigland, a dit que l'aide financière offerte par Ottawa est essentielle. «C'est l'oxygène dont le patient a besoin», a-t-il dit.

Selon Statistique Canada, les ventes en novembre et en décembre ont essuyé un sérieux recul en raison de la crise économique, mais le mois de janvier a vu un léger rebond de 6 %, indiquent les données préliminaires dévoilées la semaine dernière.

Malgré le contexte, le nombre de concessionnaires est plutôt stable, a dit la porte-parole de Chrysler. Il y a eu quelques fermetures, mais, dans ces cas, les concessions se sont déplacées vers des secteurs géographiques «en croissance», a-t-elle dit.

Si le parc de concessionnaires n'a pas été plus touché, c'est parce que la crise américaine vient tout juste de commencer à influer sur l'économie canadienne, a soutenu Mme Gauthier.

General Motors

«Le plan d'Ottawa va faire du bien à tout le monde», a dit Steve Milette, directeur des ventes et du marketing pour le Québec chez General Motors Canada. Chez GM, le nombre de concessionnaires québécois est passé de 137 en 2007 à 129 aujourd'hui. Il y a eu un certain nombre de fusions entre concessionnaires, a-t-il précisé.

M. Milette n'a pas voulu faire d'estimation quant au pourcentage des concessionnaires qui sont actuellement rentables, principalement parce que ces données sont de nature privée, a-t-il dit.

Prié de dire ce qu'il adviendra du nombre de concessionnaires cette année, M. Milette ne pouvait répondre. «On n'a pas d'objectif, pas de cible, a-t-il dit. Mais personne ne veut fermer boutique, à moins d'être forcé de le faire.»

Au cours de la dernière année, le Groupe Gravel, un important vendeur de produits GM dans la région de Montréal, a fait passer ses points de vente de trois à un. En entrevue à La Presse la semaine dernière, le propriétaire, Jean-Claude Gravel, a dit que l'entreprise avait perdu certains types de crédit. Au total, le nombre d'employés passera de 220 à 140.