Transat joue à fond la carte du tourisme durable

Le tourisme durable cherche à maximiser les bénéfices qu’entraîne le tourisme tout en en réduisant le plus possible les effets indésirables. Avec ses 6500 employés, ses 2,5 millions de clients et ses quelque 4000 fournisseurs répartis dans 60 p
Photo: Agence Reuters Le tourisme durable cherche à maximiser les bénéfices qu’entraîne le tourisme tout en en réduisant le plus possible les effets indésirables. Avec ses 6500 employés, ses 2,5 millions de clients et ses quelque 4000 fournisseurs répartis dans 60 p

Sensibilisation à l'interne et influence à l'externe, Transat A.T. joue à fond de train la carte du tourisme durable. Le plus grand voyagiste intégré au pays en fait la pierre angulaire de son engagement social. Avec près de 6500 employés, 2,5 millions de clients et quelque 4000 fournisseurs répartis entre 60 pays ou destinations, on pense pouvoir faire une petite différence.

«Nous n'imposons rien. Nous ne faisons pas de pressions. Nous sommes en phase d'influence», a précisé Lina De Cesare, présidente, Voyagistes, chez Transat A.T. L'entreprise québécoise, plus grand voyagiste intégré au Canada, se définissait comme une entreprise socialement responsable. Mais en 2007, on a formalisé cette sensibilité et ramené le tout sous le chapeau de tourisme durable, ce qui implique l'articulation d'une stratégie formelle et l'élaboration de politiques cohérentes en la matière.

Cela ne veut pas dire que Transat plonge tête première dans l'écotourisme et qu'elle délaisse le tourisme de masse. «Notre mission de voyagiste généraliste demeure. Mais si l'on peut impliquer nos quelque 6500 employés dans le quotidien de leur travail, si l'on peut sensibiliser nos 2,5 millions de clients sur les actions qu'ils posent à destination, on peut peut-être faire une petite différence. Chaque petit geste venant de 2,5 millions de consommateurs multiplie l'impact.»

Forte d'un chiffre d'affaires de 3,5 milliards et entretenant des relations avec quelque 4000 fournisseurs répartis entre 60 destinations, Transat peut jouer d'influence. «Nous avons fait parvenir un formulaire comprenant environ 80 questions aux hôteliers. Plus de la moitié ont répondu. Nous sommes plus que satisfaits de ce taux de réponse», a illustré Mme De Cesare, qui insiste sur le fait que Transat ne veut rien imposer. Elle ajoute: «On commence par les hôtels, car on les considère comme étant névralgiques. Mais nous allons regarder toute la chaîne d'approvisionnements.»

Dans cette approche intégrée, le gros chantier a été d'informer et d'influencer les employés du voyagiste. L'exercice aura permis «de nous faire une tête», d'intégrer l'impact, de faire descendre les décisions et d'assurer la fluidité de l'échange d'information.

«La notion de tourisme durable se réfère davantage à une évolution de nos valeurs et de nos façons de faire, afin de maximiser les bénéfices qu'entraîne le tourisme et de réduire le plus possible ses effets indésirables. À cet égard, les grands voyagistes comme nous peuvent avoir un impact considérable», a déclaré la cofondatrice de Transat, dans le rapport sur la politique sociale de l'entreprise. Le tourisme de masse n'est pas synonyme de dévastation. «Sans tourisme, une multitude de sites auraient disparu. Et les collectivités ne bénéficieraient pas de ses colossales retombées économiques. Mais il est vrai qu'il faut encadrer le développement», insiste celle qui a fait du tourisme durable son leitmotiv.

Développement des sites hôteliers en harmonie avec la nature, respect des employés, des conditions de travail et des valeurs des communautés d'accueil, approvisionnements et retombées économiques locaux, protection de l'environnement et des sites naturels, récupération des eaux usées, préservation de la biodiversité... «Il en va de l'avenir de notre marché. Et ces valeurs ne sont pas en contradiction avec l'économique de notre industrie. Il n'est pas plus coûteux de planter un ou deux arbres là où on aurait auparavant mis un bloc de béton. Et que dire des économies résultant d'un comportement plus soucieux de limiter la consommation de l'énergie? Ce n'est pas qu'une question de coûts, c'est également une attitude, une volonté.»

«Il existe une demande venant de nos clients. Cette demande vient également de nos actionnaires, d'importants actionnaires, qui insistent pour que nous ayons une politique de tourisme durable.» Une politique qui ne fait pas que se concentrer sur les apparences, a martelé Lina De Cesare.

D'ailleurs, à cette approche globale, qui emprunte davantage à une façon de faire et à un état d'esprit, s'ajoute un volet collaboration à des initiatives de tourisme durable. Depuis deux ans, Transat a offert son soutien financier et moral à huit projets répartis entre le Canada, la France, la Tunisie et Cuba. Le processus d'appel de projets vient d'être lancé pour 2009. Les projets visés sont mis en avant par des organisations à but non lucratif ou des collectivités. Ils peuvent concerner «la protection, la conservation ou la valorisation d'un site naturel ou d'un écosystème, la mise à niveau environnementale ou la remise en état d'un site touristique existant, la restauration ou la mise en valeur d'un site ou d'un édifice patrimonial ou historique, ou encore des projets qui visent à réduire les effets négatifs liés au tourisme», lit-on dans un communiqué.

Ce volet a une connotation plus philanthropique, certes, mais il s'insère dans un objectif plus vaste de sensibilisation. «De grands changements sont possibles, pourvu que chacun prenne conscience des enjeux et modifie un peu son comportement», a résumé Lina De Cesare.

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