Forum économique de Davos - Day veut s'en prendre au «Buy American»

Photo: Agence France-Presse (photo)

Davos — Face à la récession planétaire qui se dessine, le ministre canadien du Commerce international, Stockwell Day, entend combattre le protectionnisme sur deux fronts: d'abord en contestant la clause d'achat local du plan de relance de Washington, mais aussi en prônant la reprise des négociations sur la libéralisation du commerce mondial.

M. Day est arrivé hier à Davos pour assister aux derniers jours du 39e Forum économique mondial. Son homologue des États-Unis, le représentant au Commerce Ron Kirk, n'a pas fait le voyage dans les Alpes suisses, mais le ministre canadien a promis de faire part des préoccupations du Canada sur le plan de relance aux officiels américains qui sont présents au Forum.

«L'histoire nous enseigne que les lois protectionnistes finissent par nuire à l'économie de ceux qui les adoptent et, invariablement, aux économies avoisinantes», a déclaré Stockwell Day au cours d'un entretien téléphonique. Il a fait remarquer que les mesures protectionnistes mises en place par Washington dans les années 1930 avaient amené d'autres pays à adopter des mesures de rétorsion, avec pour résultat la Grande Dépression.

Les relents de protectionnisme qui émanent de la clause «Buy American» du plan de relance économique de Barack Obama n'empêchent pas Stockwell Day de songer à la libéralisation des échanges. Même si la relance des négociations à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), dans le cadre de la ronde de Doha, a été peu évoquée à Davos cette année, le ministre continue d'y croire.

M. Day compte rencontrer dans la station alpine le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, afin de lui offrir l'aide du Canada pour débloquer cet épineux dossier. La plupart des observateurs estiment toutefois que la ronde de Doha est morte et enterrée, surtout depuis l'aggravation de la crise financière, l'automne dernier. «En période de ralentissement économique, nous devons envoyer des signaux positifs et créer des occasions d'affaires, plutôt que fermer des portes», a néanmoins affirmé le ministre.

Stockwell Day ne craint pas de réactions négatives de la part des milieux syndicaux. «Au Canada, nous sommes prospères comme nous le sommes parce que nous sommes une nation commerçante: nous produisons beaucoup plus que ce que nous pouvons produire», a-t-il relevé.

Quant au projet de partenariat économique entre le Canada et l'Union européenne, M. Day a dit espérer que la première étape des discussions, qui vise à encadrer les négociations officielles, puisse être conclue d'ici la fin mai, en admettant du même souffle qu'il s'agissait là d'un objectif ambitieux. «Mais si vous ne fixez pas de date butoir, nous n'arrivez jamais à destination», a-t-il noté.

La grande difficulté réside dans le fait que 27 pays composent l'Union. «Ils peuvent ne pas être tous enthousiastes à l'idée de libéraliser le commerce avec le Canada, mais notre espoir est que la majorité d'entre eux le seront», a expliqué Stockwell Day.

Il y a deux semaines, M. Day a rencontré à Prague le premier ministre tchèque, Mirek Topolanek, qui préside actuellement l'Union européenne, pour faire le point sur la question. Le premier ministre Jean Charest devait faire de même cette semaine à Davos.

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