Forum économique mondial - Il faut resserrer la réglementation

Tony Blair, ancien premier ministre du Royaume-Uni, a voulu dédramatiser les choses lors de la seconde journée du Forum économique mondial, à Davos.
Photo: Agence France-Presse (photo) Tony Blair, ancien premier ministre du Royaume-Uni, a voulu dédramatiser les choses lors de la seconde journée du Forum économique mondial, à Davos.

Davos — Il faut resserrer la réglementation mondiale du secteur financier, mais il n'est pas question de remettre en cause le système capitaliste, ont affirmé hier plusieurs leaders politiques et d'affaires à l'occasion du 39e Forum économique mondial, qui se déroule à Davos, en Suisse.

«Le dollar tout-puissant a pris le dessus sur la moralité et l'éthique», a reconnu hier la présidente et chef de la direction du géant des boissons gazeuses PepsiCo, Indra Nooyi. «Il faut un retour du balancier.»

Tony Blair, ancien premier ministre du Royaume-Uni, a néanmoins voulu dédramatiser les choses. «Le système financier a failli, mais pas le concept de la », a-t-il déclaré devant une partie des 2500 participants au Forum. «La pire chose qui pourrait arriver, c'est de remettre en question la notion de capitalisme», qui favorise l'innovation, a prévenu Mme Nooyi. «Les principales victimes [d'un abandon du capitalisme] seraient les marchés émergents, les pays pauvres qui dépendent de l'investissement étranger», a martelé Stephen K. Green, président du conseil d'administration du groupe bancaire britannique HSBC, le plus important du monde.

Tirer des leçons

«Nous devrons sans conteste refondre l'environnement réglementaire pour les banques et les institutions financières, a convenu M. Green. Sans l'ombre d'un doute, nous devons tirer les leçons [de la crise actuelle] pour ce qui est des règles du marché.» Le temps est venu, par exemple, d'adopter des pratiques «plus responsables» en matière de rémunération des chefs d'entreprise, a admis M. Green, qui a gagné trois millions de livres (5,2 millions $) en 2007.

Le hic, a relevé M. Blair, c'est que les autorités ont tendance à créer des règles pour s'attaquer aux problèmes du passé, et non pas pour prévenir la prochaine crise. Il faut désormais inclure l'ensemble des grandes économies du monde dans la recherche de solutions, et non seulement les pays du G8, a-t-il estimé.

«Une chose est claire: les systèmes de supervision nationaux n'ont pas fonctionné», a affirmé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui prône un organe de réglementation continental, voire international.

«Aucun p.d.-g. de banque ne s'imaginait [en accordant des prêts à risque] qu'il contribuait à détruire l'économie et le concept de l'entreprise, a avancé Indra Nooyi. Quand il n'y a personne pour jeter un coup d'oeil par-dessus l'épaule, le capitalisme mène à une forme de cupidité.»

Nombreux sont les intervenants qui ont profité de leur passage à Davos pour mettre en garde contre un retour au protectionnisme. La menace n'est jamais loin: l'Union européenne a promis hier de protester contre des dispositions du plan de relance de 819 milliards $US de Barack Obama qui favorisent les aciéries américaines au détriment de celles du reste du monde.

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