La confiance des entreprises dégringole

On n'avait jamais vu les dirigeants d'entreprises avoir le moral aussi bas au Canada, mis à part durant la récession du début des années 90 et au lendemain des attaques du 11-Septembre, a rapporté hier le Conference Board du Canada au moment de dévoiler les résultats de sa dernière enquête sur le sujet. «Dans les deux cas, la chute de confiance avait précédé une contraction des investissements des entreprises», a souligné la firme de recherche, qui fait cet exercice depuis 1990.

L'indice de confiance du Conference Board a perdu 38 points depuis le printemps 2007. Il ne s'élève plus aujourd'hui qu'à 68,9 points sur une échelle où le 100 correspond au niveau atteint en 2002.

Il est vrai qu'actuellement seulement un tiers des entreprises estiment fonctionner à plein régime, alors que la moyenne est habituellement de 50 %. Il faut dire aussi que près de 60 % des répondants au sondage réalisé au cours des trois premières semaines de janvier ont dit s'attendre à une dégradation des conditions économiques générales au cours des six prochains mois, contre seulement 10 % qui prévoient le contraire.

Il n'est pas étonnant, dans ce contexte, que deux fois plus de dirigeants d'entreprise estiment que le temps serait mal choisi pour agrandir leurs installations ou acheter de nouveaux équipements de production. En fait, pour la première fois depuis la crise de 1990-1991, on compte même un plus grand nombre de voix annonçant une réduction du volume de leurs investissements plutôt que le contraire.

Manque de clients et d'argent

Le principal facteur évoqué pour expliquer le niveau de ces investissements futurs est la faiblesse de la demande du marché (61 %). Le manque de liquidité arrive en deuxième (35 %). «Même les entreprises viables ont du mal à trouver du financement à conditions acceptables», rappelle le Conference Board. Les autres raisons aussi évoquées sont: la pénurie de main-d'oeuvre qualifiée (20 %), une capacité de production excédentaire (19 %), la faiblesse des prix de vente (18 %) et la dépréciation du dollar canadien (18 %).

Les investissements des entreprises occupent une part non négligeable dans la croissance économique canadienne, rappelle Yanick Desnoyers, économiste en chef adjoint à la Banque Nationale Groupe Financier. Ils ne sont pas aussi importants que la consommation des ménages qui représente, en moyenne, 60 % du produit national brut (PIB) canadien, mais comptaient quand même pour 12,6 % du PIB la dernière fois que cela a été mesuré, cet automne. «Ce que cette composante du PIB a de particulier est qu'elle est beaucoup plus volatile que les autres», explique l'économiste, ce qui l'amène à réagir au contexte économique, mais aussi, parfois, à l'influencer.

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