Réduction de coûts en vue pour Tembec

Malgré son très important effort de recapitalisation et de resserrement des coûts en 2008, Tembec doit de nouveau s'imposer à très court terme de nouvelles mesures de réduction de coûts de toutes les façons possibles, dont un ralentissement additionnel de production, des coupes dans les frais d'administration et même un appel à tous ses fournisseurs pour qu'ils réduisent leurs prix de 10 à 20 %. Les résultats du premier trimestre montrent une perte nette de 60 millions et la direction prévient que «le pire est à venir».

Il est vrai cependant que cette perte trimestrielle est due en grande partie à une perte de conversion de la dette en devises étrangères de 50 millions. Sans cela, il y aurait eu une perte de quatre millions. À la fin de l'exercice de 2008, Tembec s'était fixé l'objectif de conserver des liquidités de 300 millions. Or, à la fin du premier trimestre de 2009, terminé le 27 décembre, il ne restait plus que 58 millions en caisse, ce qui était attribuable à une hausse imprévue des stocks de pâte.

La situation de la demande et des prix dans le bois d'oeuvre et les pâtes a continué de se détériorer au cours des dernières semaines, a déclaré hier à l'assemblée générale annuelle le président et chef de la direction, James Lopez. La décision est prise de réduire le volume de production de 30 %. Chacune des 40 usines fait l'objet d'une évaluation en vue de réduire le coût de revient. «Dans certains cas, c'est évident qu'il faut fermer», constate le président. Dans tous les cas, dit-on, il y aura des fermetures ou des ralentissements de production temporaires. Une annonce à cet égard sera faite dans un avenir rapproché.

Ajustements énergiques

Dans l'industrie en général, on a réduit au cours du dernier trimestre la production de deux millions de tonnes de pâte et les inventaires ont quand même continué d'augmenter. Sur le marché de Chicago, le prix du bois d'oeuvre est tombé à son niveau le plus bas depuis 17 ans. Tout indique que l'économie mondiale va ralentir encore et que le pire est à venir pour les papetières. Il faut donc procéder à «des ajustements énergiques». Tembec demande à ses fournisseurs de matériel de réduire leurs prix de 10 % et à ses fournisseurs de services une baisse de 20 %. À défaut de quoi on trouvera de nouveaux fournisseurs. Il semble cependant que la plupart d'entre eux acceptent volontiers cette demande de leur client. En plus du resserrement des coûts dans les usines, Tembec entend réduire ses frais généraux dans les domaines de la vente, de l'administration, et réduire les frais de voyage de 25 %.

En somme, Tembec entend prendre toutes les mesures «pour être encore là quand la récession sera passée». Avec un nouvel actionnariat et une recapitalisation, cette société se retrouve avec un niveau d'endettement de 30 %, en comparaison de 67 % en 2007, et elle se sent mieux placée que bien des concurrents pour traverser la tempête.

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