Un gigantesque Campement de la jeunesse est la pépinière du Forum social mondial

L’ambiance est à la fête à l’ouverture du Forum social mondial, à Belém, au Brésil.
Photo: Agence France-Presse (photo) L’ambiance est à la fête à l’ouverture du Forum social mondial, à Belém, au Brésil.

Belém — Plus de 10 000 jeunes ont pris leurs quartiers au Campement de la jeunesse et apportent leurs idées souvent radicales pour un monde plus solidaire et écologique au Forum social mondial qui se tient à Belém, au coeur de l'Amazonie brésilienne.

Ces jeunes, pour la plupart des étudiants, sont la pépinière de l'altermondialisme qui cherche à changer l'ordre mondial établi. «Nous n'allons pas payer les pots cassés de la crise économique: nous allons lutter», peut-on lire sur l'une des affiches du campus de l'Université fédérale rurale d'Amazonie où sont plantées des centaines de tentes.

Sur la place Che Guevara, un jeune recouvert de boue parle avec ses compagnons. À côté de lui, pendu à un arbre, le vélo orange avec lequel il a parcouru près de 4000 km en solitaire pour arriver au forum: «en chemin, j'ai vu des papillons, mais aussi des victimes de la route et je ferai une exposition de mes photos», explique-t-il.

«Nous sommes ici pour échanger des idées, des informations, connaître d'autres personnes», explique Jerson Keirger, un artisan de São Paulo habitué des FSM et des campements de la jeunesse avec sa compagne Fabiana Caramas, attachée de presse d'un syndicat.

Le campement est un lieu idéal pour cela et permet aux jeunes sans moyens de vivre une aventure loin de chez eux, même si la contrepartie sont la pluie quotidienne à Belém, la boue, la chaleur moite, les moustiques et les douches rares.

Ces jeunes veulent que le forum aille au-delà des critiques de l'ordre établi, du pouvoir du capital, des injustices sociales et économiques et des guerres. «Le forum doit changer, il ne suffit pas que chacun parle de soi mais il faut créer un nouveau projet, voir comment nous contribuons à créer ce nouveau monde que nous voulons», déclare Fabiana.

«Nous voulons montrer que nos propositions peuvent être mises en pratique. Moins de blablabla et construire cet autre monde que nous proposons», explique le Mexicain Alberto Ruz.

L'exemple concret auquel le jeune mexicain se réfère est une oasis au milieu du campement, appelé «Village de la Paix». C'est un «écovillage» où vivent 450 militants de 25 nationalités, dont de nombreux enfants, et qui applique les règles de la mondialisation dont ils rêvent. «Ici fonctionne l'autogestion économique et écologique», affirme Ruz.

Dans cet écovillage, on mange végétarien et aucun produit industrialisé n'entre. Il y a aussi des espaces pour la médecine alternative. «Avec ce village, nous montrons une autre façon de penser cet autre monde possible que nous souhaitons», explique le Brésilien Thomas Enlazador, organisateur du village.

Le FSM s'est ouvert mardi avec une marche de dizaines de milliers d'altermondialistes et d'Indiens dans les rues de Belém, plus que jamais en quête d'alternatives au capitalisme en crise, au moment où se tient simultanément le Forum économique mondial à Davos, dans les Alpes suisses.

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