À la veille de l'ouverture du Forum économique de Davos - L'OCDE désire la réécriture des règles de l'économie mondiale

Le monde doit «réécrire les règles de la finance et de l'économie mondiale», estime le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria.

«La souffrance et l'angoisse causées par l'actuelle crise économique mondiale ont été causées par une série de faillites massives au coeur des pays les plus développés au monde», a affirmé hier le chef de l'Organisation de coopération et de développement économique, dans un message destiné aux participants du Forum économique mondial qui doit s'ouvrir aujourd'hui à Davos, dans les Alpes suisses.

«Dans un contexte où les gouvernements appuyaient une expansion des marchés financiers, de nombreuses personnes ont fermé les yeux sur les questions essentielles de l'éthique en affaires et de la réglementation, déplore Angel Gurria. Il nous faut maintenant réécrire les règles de la finance et de l'économie mondiale. Pour restaurer la confiance nécessaire au fonctionnement des marchés, nous devrons mieux réglementer, mieux superviser, mieux gouverner les entreprises et mieux coordonner.»

Dans l'immédiat, les pouvoirs publics n'ont pas d'autre choix que de continuer de mettre en place toutes sortes de mesures de relance de l'économie et de stabilisation du système financier. «2009 sera difficile», prévient-il.

Les dirigeants politiques doivent aussi penser à l'avenir afin non seulement d'assurer une issue à cette dynamique «d'interventions d'urgence massives», mais aussi de fixer le nouveau cap que devra suivre l'économie mondiale à long terme, dit Angel Gurria. «En plus d'une réglementation plus efficace, nous avons besoin de politiques sociales plus justes et de la levée des obstacles qui bloquent la concurrence et l'innovation et entravent le développement durable.»

Les côtés obscurs de la mondialisation

Un nouvel équilibre devra être trouvé quant aux rôles des gouvernements et des marchés. Reprenant à son compte les paroles du président américain, Barack Obama, lors de son discours d'investiture, la semaine dernière, le secrétaire général de l'OCDE dit que la question n'est pas de savoir si le gouvernement est trop gros ou trop petit, mais s'il fonctionne. La capacité des marchés à produire de la richesse est sans rivale, dans la mesure où ils font l'objet de la supervision nécessaire pour empêcher les excès.

Les institutions internationales, comme l'OCDE, le Fonds monétaire international (FMI), l'Organisation mondiale du travail, la Banque mondiale et l'Organisation mondiale du commerce (OMC) peuvent être d'une aide précieuse à une meilleure coopération entre les gouvernements, du Nord comme du Sud. Mais cette coopération doit aussi s'étendre à d'autres acteurs, notamment ceux de l'économie et de la finance mondiales, lance Angel Gurria aux membres du club très sélect du Forum de Davos, dont le thème cette année est «Façonner le monde de l'après-crise».

Le retour de la prospérité exigera, entre autres, un resserrement des mécanismes de gouvernance des entreprises et plus d'efforts dans la lutte contre «les côtés obscurs de la mondialisation, comme la corruption et l'évasion fiscale». Il faudra «revoir aussi nos façons de penser la concurrence, l'investissement et les régimes de pension, comme celles de faire face aux problèmes des changements climatiques, de l'exclusion sociale et de la pauvreté». Il faut augmenter la productivité et résister aux sirènes du protectionnisme. Il faut aussi «mieux répartir les fruits de la croissance» et encourager les innovations qui permettraient une «reprise économique verte».

En conclusion, Angel Gurria dit rêver de la construction «d'une économie mondiale plus forte, plus propre et plus juste, une économie libérée de la corruption, de l'évasion fiscale, de la fraude, de l'exploitation cupide et de la destruction des ressources qui ont discrédité la mondialisation et ont nui aux bienfaits qu'elle peut apporter».

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