Chute de 75 % du bénéfice annuel d'ING Canada

Toronto — L'assureur ING Canada a affirmé hier qu'il ne supprimerait pas d'emplois malgré l'annonce de l'élimination de 7000 postes par sa société mère, et ce, même si la filiale canadienne du groupe néerlandais a affiché une perte à son quatrième trimestre et un bénéfice en baisse de 75 % pour l'ensemble de son exercice, ce qu'elle a attribué aux turbulences du marché.

Le groupe ING a annoncé la mise à pied de 7000 de ses travailleurs, mais un responsable de la société a indiqué que ses opérations canadiennes seraient épargnées.

ING Canada a enregistré une perte nette de 64,1 millions, soit 53 ¢ par action, au cours de la période de trois mois terminée le 31 décembre, comparativement à un bénéfice net de 95,8 millions, ou 77 ¢ par action. Cette baisse reflète une perte de valeur de son portefeuille d'actions ordinaires de 185,8 millions, ou 1,06 $ par action, attribuable à la chute des cours des actions canadiennes, a indiqué l'entreprise.

Pour l'ensemble de 2008, ING Canada a rapporté un bénéfice net de 128,2 millions (1,05 $ par action), en baisse de 75 % par rapport à celui de 508,3 millions (4,01 $ par action) réalisés un an auparavant. En dépit de ce recul, la société n'a aucune dette et dispose d'un capital excédentaire de 427,5 millions, a-t-elle indiqué.

Les revenus d'ING Canada pour le quatrième trimestre de 2008 se sont élevés à 956 millions, comparativement à 1,1 milliard un an plus tôt. Au cours de l'exercice, ses revenus ont été de 4,1 milliards, contre 4,4 milliards en 2007.

7000 emplois

Le groupe de banque et d'assurance néerlandais ING a annoncé hier qu'il allait supprimer 7000 emplois dans le monde en 2009 dans le cadre d'un plan visant une réduction des coûts d'un milliard d'euros. Le groupe, qui emploie 130 000 salariés, a également ailleurs annoncé qu'il se séparait de son directeur exécutif Michel Tilmant, en raison des «développements extraordinaires ces derniers mois».

Michel Tilmant sera remplacé par le Néerlandais Jan Hommen, 65 ans, qui présidait jusqu'ici le conseil de surveillance de ING, l'une des vingt plus grandes banques au monde en termes de capitalisation boursière, avec 85 millions de clients. Le bancassureur «prend différentes mesures pour réduire les risques et les coûts et augmenter sa concentration sur ses activités clés d'épargne et d'investissement», a indiqué le groupe dans un communiqué.

ING a l'intention de réduire ses dépenses d'un milliard d'euros en 2009. Cette réduction des coûts proviendra à 35 %, selon le communiqué, «d'une réduction de la main-d'oeuvre d'environ 7000 emplois temps plein en 2009». Le groupe prévoit une provision de 450 millions d'euros pour les coûts du programme de départs.

ING a accusé, selon des résultats provisoires publiés hier, une perte nette de 1 milliard d'euros en 2008. «Au quatrième trimestre, les conditions de marché se sont fortement détériorées, ce qui en a fait le pire trimestre pour les marchés du crédit et des actions en un demi-siècle», souligne ING. Le groupe a enregistré au quatrième trimestre un «impact» négatif de deux milliards d'euros en raison de pertes et de dépréciations de certains portefeuilles, notamment des crédits hypothécaires à risques, les subprimes. Son portefeuille d'actions a été touché à hauteur de 700 millions d'euros.

L'État néerlandais, qui avait injecté le 19 octobre dans ING 10 milliards d'euros, est venu une nouvelle fois à la rescousse du bancassureur. Il va supporter 80 % des risques d'un portefeuille d'actifs bancaires et d'assurances d'ING aux États-Unis, d'une valeur de 27,7 milliards d'euros, et recevra en échange 80 % des revenus générés par ce portefeuille.

Le portefeuille contient des actifs «qui ne sont pas aussi pourris que les subprimes, mais qui ne sont pas la meilleure catégorie, les primes», selon un porte-parole du groupe.

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