La Bourse est portée par un vent de bonnes statistiques

Les statistiques économiques ont donné le ton hier sur les marchés boursiers.
Photo: Agence Reuters Les statistiques économiques ont donné le ton hier sur les marchés boursiers.

Les statistiques économiques annoncées hier ont fait contraste avec la morosité générale. Légère remontée de la confiance au Canada, hausse de l'indicateur avancé et rebond de la revente de logements aux États-Unis... Ces statistiques ont même agréablement surpris, ce qui a permis au marché boursier nord-américain de terminer en territoire positif.

Sur Wall Street le Dow Jones a terminé en hausse de 38,47 points hier, à 8116,03. Le S&P 500, plus représentatif, a gagné 4,62 points, ou 0,6 %, à 836,57. À Toronto, le S&P/TSX a progressé de 28,54 points à 8656,51.

En première réaction, les investisseurs se sont laissé influencer par la banque britannique Barclays qui a annoncé s'attendre à un bénéfice de l'ordre de 7 milliards avant impôts, malgré d'importantes dépréciations d'actif. Le secteur financier de la Bourse de Toronto en a profité, avec un gain d'ensemble de 1,1 %.

Les banques américaines n'y ont cependant pas fait écho. Bank of America a fini la séance en recul de 3,9 % à 6 $US. Citigroup s'est repliée de 4 % à 3,33 $US. Faible consolation, la troisième grande banque américaine, JPMorgan, a gagné 0,9 % à 24,50 $US.

Mais les statistiques économiques ont donné le ton. Aux États-Unis, l'indicateur composé du Conference Board, conçu pour devancer de six mois l'évolution de la conjoncture économique, a surpris avec un gain de 0,3 % en décembre, après un recul de 0,4 % en novembre. Ce gain reflète essentiellement la forte expansion de la masse monétaire et le jeu des écarts entre les taux d'intérêt de court et de long termes. «Alors que nous entamons une nouvelle année, la grande question est de savoir si la conjoncture va se détériorer encore. L'indice du Conference Board laisse présager que nous serons encore dans une récession profonde pendant tout le printemps», a souligné l'organisme privé.

Autre donnée américaine, la revente de logements a progressé de 6,5 % entre novembre et décembre, pour atteindre un rythme annuel de 4,74 millions d'unités, selon l'Association nationale des agents immobiliers (NAR). Toutefois, par rapport à décembre 2007, le niveau des ventes est en recul de 3,5 %. Et pour l'ensemble de 2008, le plongeon est de 13 %. Selon l'Association, «il semble que des acheteurs ont profité de la forte baisse des prix. La hausse des ventes et la baisse des stocks vont dans le bon sens, mais la situation du marché est loin d'un équilibre normal. Les acheteurs vont continuer de bénéficier d'un avantage sur les vendeurs encore pour quelque temps», Le NAR a rappelé que le prix médian des transactions avait reculé de 15 % en décembre, pour revenir à 175 400 $US.

Confiance

Au Canada, le Conference Board a fait état d'une remontée de l'indice de confiance des consommateurs canadiens en janvier. Le rebond se veut toutefois modeste et survient après que l'indice eut touché, en décembre, son creux le plus bas en 26 ans. Malgré l'augmentation, l'indice de confiance se maintient dans la zone signalant une récession économique. Toutefois, «l'enquête ajoute que plus de Canadiens se croient présentement en meilleure situation financière qu'il y a six mois et qu'il y a un déclin du nombre de ceux qui indiquent que leur situation s'est détériorée depuis juillet dernier», a souligné le Conference Board.

Ce léger regain ne s'est pas manifesté chez les dirigeants d'entreprise. Du moins, dans le secteur manufacturier, les deux tiers des 379 répondants à un sondage mensuel ont indiqué avoir enregistré une chute de leurs commandes depuis octobre. Plus du cinquième des répondants, soit 21 %, ont précisé que la valeur de leurs commandes avait chuté de plus de 30 % dans l'intervalle, a ajouté Manufacturiers et exportateurs du Canada, qui reconnaît cependant que la taille de l'échantillon ne donne qu'une idée approximative.

Avec l'Agence France-Presse

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