Abolition de 345 emplois - Le SCFP a du mal à croire aux raisons données par Air Canada

La crise économique et ses effets ont le dos large à en croire le plus grand syndicat du pays, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente un demi-million de membres dans plus d'une dizaine de secteurs de l'économie.

C'est du moins ce que constate le secrétaire-trésorier national du SCFP, Claude Généreux, surpris de l'abolition de 345 emplois d'agents de bord annoncée par Air Canada ce week-end.

En entrevue à La Presse canadienne hier pour commenter cette décision du transporteur aérien, M. Généreux avait du mal à cacher sa déception, et surtout à croire les raisons invoquées par Air Canada pour expliquer cette décision.

Selon lui, «la crise économique, un moment donné, devient un couvre-tout, une échappatoire, un fourre-tout», bref «sert d'excuse» pour expliquer des pertes d'emplois. Il soutient que les effets néfastes de cette crise constatés sur les emplois liés à l'exportation ne se sont pas manifestés, à ce jour, dans l'aviation au pays.

La composante d'Air Canada du SCFP représente plus de 5700 agents de bord basés à Vancouver, à Calgary, à Toronto et à Montréal. Ceux-ci ont appris samedi que leur employeur comptait supprimer 345 de leurs postes, à compter du 2 mars, dans une série de mesures pour contrer une baisse de la clientèle de la compagnie aérienne. Mais le syndicat parle plutôt d'une «baisse d'achalandage anticipée» puisque celle-ci «ne s'est pas matérialisée jusqu'à présent», selon M. Généreux.

Ces pertes d'emplois s'ajoutent à l'abolition de 2000 postes annoncée en juin dernier par Air Canada alors que le prix du pétrole était très élevé.

Selon Claude Généreux, Air Canada donne ainsi le ton à la prochaine série de négociations qui doit s'amorcer avec les représentants syndicaux de ses 5700 agents de bord d'ici à un mois, et dont la convention collective vient à échéance le 30 juin 2009. D'ailleurs, le SCFP estime que la création de nouveaux postes de «spécialistes de la formation» ou de «travailleurs de remplacement», depuis décembre chez Air Canada, constitue en réalité l'embauche de «scabs», des briseurs de grève, pour accaparer le travail des agents de bord.

«Il ne s'agit pas de travailleurs cadres à Air Canada, a affirmé Claude Généreux. Alors, est-ce qu'ils se préparent une réserve de travailleurs scabs? C'est ce que nous nous demandons.»

Malgré les interrogations soulevées par M. Généreux, le SCFP espère toujours en arriver à une entente avec l'entreprise, «avec une poignée de main, et la vie continue».

La Presse canadienne a tenté en vain de joindre des porte-parole d'Air Canada dans la journée d'hier pour obtenir la version des faits de l'entreprise.

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