Et la voiture la plus verte est...

La nouvelle Prius pourra fonctionner, à basse vitesse, en mode tout électrique.
Photo: Agence France-Presse (photo) La nouvelle Prius pourra fonctionner, à basse vitesse, en mode tout électrique.

Militant écologiste de longue date et fier propriétaire d'une voiture hybride depuis l'arrivée de ce type de véhicule sur le marché, Daniel Breton a aussi été un précurseur en devenant un chroniqueur automobile spécialiste de la voiture verte. Cette semaine, nous lui cédons la place pour ce reportage on ne peut plus pertinent, avec l'expansion constante du créneau des véhicules hybrides.

Depuis que j'écris sur l'environnement et le transport — et l'automobile en particulier —, la question m'est posée régulièrement.

Quel est le meilleur achat comme voiture verte?

Aujourd'hui, je vais tenter de répondre à cette question de la façon la plus rigoureuse possible en comparant des championnes de la consommation à moins de 30 000 $. J'ai nommé la Toyota Prius 2010, la Honda Insight 2010, la Honda Civic Hybrid 2009 et la Volkswagen Jetta TDI 2009. (Avis aux purs et durs, je suis tout à fait conscient qu'il n'y a pas de voiture véritablement verte, mais il y en a qui sont tout de même plus propres que d'autres...)

Commençons par déterminer deux critères de base d'achat d'une voiture verte:

1. Les émissions de gaz à effet de serre

2. Les émissions polluantes



Les émissions de gaz à effet de serre

Ce sont les émissions qui sortent du pot d'échappement, principalement du CO2, qui contribuent au réchauffement de la planète. Ces émissions sont directement proportionnelles à la consommation de carburant du véhicule: plus il consomme, plus il émet de CO2.

IMPORTANT: Il y a une différence d'émission de CO2 par litre entre une voiture à essence et une voiture à moteur diesel. La combustion d'un litre d'essence émet 2,4 kg de CO2 et celle d'un litre de diesel, 2,8 kg. Ainsi, un litre de diesel émet environ 17 % plus de CO2 qu'un litre d'essence.



Les émissions polluantes

Ce sont les émissions formatrices d'ozone, qui elle-même formera le smog. Ledit smog (smoke-fog=smog) cause des maladies coronariennes et pulmonaires. Selon l'Institut national de santé publique du Québec, le smog, causé notamment par la pollution atmosphérique émanant des véhicules, est lié au décès d'environ 1500 personnes par an pour la grande région de Montréal.

Les principales émissions polluantes émises par les automobiles sont les composés organiques volatils, le NOx, le monoxyde de carbone, les hydrocarbures et les particules fines.

Contrairement aux émissions de CO2, les émissions polluantes peuvent être réduites de beaucoup grâce aux catalyseurs qui se retrouvent sur tous les véhicules modernes. Inventé par General Motors, le catalyseur filtre les émissions polluantes de façon très efficace. Ainsi, une voiture neuve émettra de 95 à 99 % moins d'émissions polluantes qu'une voiture de 1980.

Comparaisons.

C'est à l'aune de ces critères que nous allons comparer nos quatre concurrentes.



Gaz à effet de serre

Les émissions de CO2 ne peuvent être réduites par le catalyseur. Elles sont directement proportionnelles à la consommation des véhicules. Comparons donc la consommation moyenne (ville/route) des quatre voitures:



- Toyota Prius 2010: 3,8 litres / 100 km*

- Honda Insight 2010: 4,7 litres / 100 km*

- Honda Civic hybride 2009: 4,5 litres/100 km

- Volkswagen Jetta TDI 2009: 5,8 à 6 litres/100 km (manuelle ou automatique)



Ainsi, la voiture qui consomme le moins et donc émet le moins de CO2 est la Toyota Prius 2010, suivie de la Honda Civic hybride 2009, de la Honda Insight 2010 et de la Volkswagen Jetta TDI.

Une Prius 2010 émettra, sur une distance de 100 kilomètres, 9,1 kg de CO2 et une Jetta TDI, 16,5 kg. Presque le double, et ce, en raison de son moteur diesel, chaque litre de diesel émettant 17 % plus de CO2 que l'essence.



n Il est important de noter que les cotes de consommation de ces deux véhicules nous ont été fournies par le manufacturier et ne seront vérifiées par le gouvernement canadien qu'en septembre 2009, date à laquelle doivent être remis les chiffres pour l'année-modèle 2010.



Émissions polluantes

Les nouvelles normes antipollution californiennes font de toutes ces voitures des choix parmi les plus propres sur le marché en ce qui a trait aux émissions polluantes.

Les trois hybrides ont maintenant la cote PZEV (Partial Zero Emission Vehicle) qui est la cote la plus sévère avant la cote ZEV (Zero Emission Vehicle). Cette dernière ne peut venir que d'une voiture qui n'émet aucune émission polluante (une voiture électrique, par exemple). Dans le cas des PZEV, on parle de véhicules qui ont éliminé près de 99 % des émissions polluantes à la sortie du pot d'échappement, ce qui est tout un exploit!

Pour ce qui est de la Jetta TDI, qui fonctionne au diesel propre, sa norme antipollution est, elle aussi, parmi les meilleures de l'industrie. Elle pollue néanmoins plus que les hybrides.

Rapport qualité-prix

À consommation à peu près égale, quel est le meilleur achat du point de vue du rapport qualité-prix? Voici les prix de base des quatre voitures:



- Toyota Prius 2010: 28 000 $*

- Honda Civic hybride 2009: 26 350 $

- Honda Insight 2010: 22 000 $*

- Volkswagen Jetta TDI: 24 275 $



- Le prix de ces deux modèles n'est pas officiel. Il sera dévoilé sous peu, mais devrait être proche de ces estimations.

Conclusion

Sous réserve de confirmation des prix de deux des quatre participantes à cette comparaison, il semble que le meilleur choix, pour une voiture compacte, soit la Honda Insight 2010.

Pour ceux qui ont besoin d'un peu plus d'espace, la Prius 2010, une intermédiaire, semble le meilleur choix. De plus, la nouvelle Prius pourra fonctionner, à basse vitesse, en mode tout électrique.

À 24 275 $, la Jetta TDI est moins équipée que ses concurrentes, mais elle a l'avantage d'offrir une transmission manuelle à six rapports. Et selon le chroniqueur titulaire de cette page, Philippe Laguë, elle brille par son agrément de conduite, en bonne allemande qu'elle est.

Contrairement à Volkswagen, Honda et Toyota ont fait la preuve de la fiabilité de leurs hybrides, comme le confirment les études du Consumer Reports. Vous n'avez donc rien à craindre. D'ailleurs, l'auteur de ces lignes conduit une Honda Insight depuis déjà plus de huit ans, sans problème.

Terminons avec une bonne nouvelle: à la suite de nombreuses demandes, le gouvernement du Québec a décidé de reconduire le crédit de TVQ jusqu'à 2000 $ à l'achat de véhicules écoénergétiques tels que ceux-ci.

***

Collaboration spéciale
17 commentaires
  • Stéphane Doré - Inscrit 26 janvier 2009 07 h 55

    Et le bilan écologique lui?

    Vos critères d'évaluation sont très minces.

    Pourquoi ne pas foncer et faire la vraie job? C'est à dire faire un bilan écologique en tenant compte de tout le cycle de fabrication.

    - Quantité de matière employée, plastique, métaux, etc.
    - Recyclabilité des matériaux
    - Mitigation de la pollution au site de fabrication
    - Ainsi de suite.

    Ne regarder que la voiture elle même et ce qu'elle va consommer en essence durant sa vie limite grandement l'utilité de l'exercise.

    Stéphane Doré
    Québec

  • Benoît Leblanc - Inscrit 26 janvier 2009 09 h 11

    Crédit à la pollution?

    Le crédit de TVQ facilitant l'achat d'un véhicule hybride part d'un bon sentiment, mais je ne peux m'empêcher de le trouver bizarre. Il s'agit tout de même d'une subvention encourageant l'achat d'un véhicule qui est une source importante de pollution. À ce que je sache, les cyclistes qui vont travailler en vélo ne bénéficient pas d'une telle subvention pour l'achat de leur véhicule, pas plus que les piétons pour l'achat de leurs souliers. Une "taxe à la pollution" visant les automobiles dépassant certaines normes d'émissions nocives me semblerait plus justifiée, même si elle serait probablement fort mal reçue.

  • Roger Champoux - Inscrit 26 janvier 2009 09 h 34

    Vous oubliez la Smart Car de Mercedez-Benz

    Pourquoi ne pas parler de la Smart Car, une alternative a 2 places pour moins de 15,000$, securitaire, tres fiable, fait de panneaux de polymere et recyclable a 100% selon le manufacturier.

  • jpz - Abonné 26 janvier 2009 10 h 17

    Bonne chronique mais il faut avoir une meilleure VISION D'AVENIR...

    Je pense que D Breton a assez bien fait le tour du sujet côté émissions polluantes du véhicule une fois rendue sur la route
    .
    MAIS
    il y aurait lieu de faire le bilan global de l'origine au recyclage final.
    De plus ce bilan bientôt devra inclure les véhicules <branchables> "plug in EV" et ici les québécois et ceux qui produisent leur énergies sans utiliser de charbon ou d'huile deviennent les moins polluants. En effet ici quand on branchera un véhicule électrique 98 % de l'énergie sera propre alors qu'ailleurs sur la planète la plus grande partie de cette électricité aura produit des GES et toute sorte de pollution produite par les centrales au charbon, à l'huile, au gaz ou nucléaire.
    Ainsi ces centrales émettront plus en produisant plus. Même les futurs véhicules à hydrogène ne polluent pas en roulant mais comme 97 % de l'hydrogène est de provenance pétrochimique cette production ne fera que déplacer la source de pollution. C'est ainsi que G Ballard le fabricant de piles à combustible l'affirme constamment. La pollution au lieu de provenir de la route arrivera des cheminées des raffineries et continuera à accroitre la prospérité indécente des grands pétropollueurs

    Jean-Paul Thivierge
    analyste consultant énergie et environnement

  • Fernand Trudel - Inscrit 26 janvier 2009 10 h 48

    Déjà on réclame plus

    Monsieur Doré la seule voiture très écologique qui existe est votre vélo. Et puis encore, si vous pétez en selle, vous aller laisser aller du méthane, 24 fois plus dommageable que le CO. J'ai bien dit le CO car le CO2 est un composé de plusieurs gaz. Mais on est pas a un seul mensonge près pour nous culpabiliser de vivre. J'ai hâte qu'on arrête de mêler polution et climat.

    Déjà que la voiture hybride n'est pas économique quand on compare la différence de prix versus le pétrole économisé. Le seul but est d'étirer les réserves de pétrole pour pouvoir donner du temps à la science de commercialiser des énergies de remplacement. L'hybride est un choix tout simplement entre payer plus cher pour économiser l'essence ou continuer à consommer sans plus en faisant confiance à la recherche et à l'innovation. Le domaine automobile a évolué depuis quelques décennies et évolue encore. Pour les gens comme Monsieur Doré ce ne sera jamais assez...

    Je sens dans les propos écolos une antipathie évidente contre les méchantes pétrolières capitalistes. Sans nuance on attaque notre propre économie. Les écolos sont pour la diminution de l'exploitation des sables bitumineux et du même coup supportent Mme Marois de s'extasier de découvrir qu'il manque 1 milliard de péréquation. Le paradoxe ne les ennuie pas en autant qu'on brasse les émotions pour les manipuler. Pourtant c'est parce que l'exploitation dû à la baisse rapide du prix du baril que les exploitations des sables bitumineux font du sur place actuellement, diminuant ainsi les redevances gouvernementales. Voyez-vous notre budget québécois a 12% de péréquation pour vivre au dessus de ses moyens mais veut couper sa source de revenu par son plan vert favorisant l'Éthanol.

    Pétro-Canada ça nous appartient

    L'histoire se répète mais la gauche fait un volte-face surprenant aujourd'hui pour être politiquement correct. Examinons l'histoire...

    Le NPD appuyé par les nationalistes menacent de défaire le gouvernement minoritaire libéral en Chambre s'il n'agit pas rapidement pour protéger les consommateurs et mettre sur pied une société pétrolière d'État. Des voix plus radicales réclament la NATIONALISATION de toute l'industrie pétrolière (le prof Lauzon inclus), et les provinces consommatrices de pétrole appuient fortement une intervention fédérale qui améliorerait la sécurité d'approvisionnement. À la fin d'octobre 1973, le gouvernement Trudeau accepte donc une motion du NPD demandant, entre autres, la création d'une société pétrolière nationale. La Loi sur la Société Petro-Canada est adoptée en 1975 après un âpre débat à la Chambre des communes et crée une nouvelle SOCIÉTÉ DE LA COURONNE dotée de pouvoirs étendus qui servent à mener des activités d'exploration et de mise en valeur, ainsi que d'un mandat détaillé qui consiste à importer des ressources pétrolières et à s'engager dans la recherche et le développement énergétiques, de même que dans des activités en aval comme le raffinage et la mise en marché. La nouvelle société obtient un budget initial de 1,5 milliard de dollars en capitaux et en accès préférentiel et la possibilité d'emprunter des capitaux en qualité d'agent de Sa Majesté, ce qui réduit ses coûts de capital. Hibernia qui nécessitait des fonds de 5 milliards força la société à faire appel au public et émit des actions à la bourse. Aujourd'hui ce projet Hibernia est en opération et assure la sécurité énergétique de l'est canadien.

    Or, ces actions sont détenues par des fonds mutuels, la Caisse de Dépôt, les REER et quelques cambistes. La loi est claire, personne ne peut avoir le contrôle sur la compagnie autre que le gouvernement du Canada. Alors les écolos tapent sur eux-même et leur fond de pension.

    C'est drôle de voir Jack Layton en réclamer la fermeture aujourd'hui dans le plan vert surtout que Pétro-Canada est un partenaire majeur dans Syncrude qui exploite les sables bitumineux de l'Alberta. Un 360 degré conditionné suite à une opinion publique manipulée par les alarmistes du climat qui veulent abattre l'économie capitaliste pour la remplacer par une pauvreté socialisante.

    Pourtant Monsieur Doré et ses amis seront les premiers à constater que leur caisse de retraite est vide et qu'il doivent travailler jusqu'à leur mort pour avoir rêvé au nirvana donné en héritage aux générations de l'an 2100. Oui, les écolos comme Monsieur Doré et compagnie, ne s'arrêteront pas à mi-chemin et déjà on réclame plus...