L'inflation annuelle recule à 1,2 %

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Ottawa — L'inflation annuelle a fortement ralenti le mois dernier pour atteindre son plus bas niveau en deux ans, la faiblesse des prix de l'essence continuant de faire baisser l'indice des prix à la consommation, a révélé hier Statistique Canada.

Trois provinces ont vu l'inflation descendre à zéro ou même plus bas: l'Île-du-Prince-Édouard (zéro), la Nouvelle-Écosse (-0,2 %) et le Nouveau-Brunswick (-0,6 %).

Au total, l'inflation annuelle a reculé à 1,2 % en décembre, du jamais vu depuis janvier 2007. En comparaison avec le mois de novembre, les prix étaient 0,7 % plus bas en décembre. «C'est d'abord et avant tout l'affaire du prix de l'essence, pour le moment», a expliqué Douglas Porter, économiste chez BMO Marché des capitaux, précisant qu'en excluant les prix de l'essence, l'inflation aurait été de 2,6 %. «Mais à compter des prochains mois, on verra que les baisses de prix se feront à plus grande échelle.»

Les prix de l'essence ont plongé de 25,8 % en décembre, la plus importante baisse depuis que Statistique Canada a lancé l'indice de l'essence en 1949.

Plus tôt cette semaine, la Banque du Canada a laissé entendre que l'inflation au pays descendrait probablement sous zéro dans les deuxième et troisième trimestres de l'année, les prix des aliments s'ajustant au coût moins élevé de l'énergie et des matières premières tirées de l'agriculture, comme le blé.

Les économistes font une distinction entre la désinflation et la déflation. La désinflation désigne un ralentissement de l'augmentation des prix, tandis que la déflation, plus dangereuse, indique une diminution des prix pendant une longue période. La déflation nuit à la croissance économique puisqu'elle pousse les consommateurs à retarder leurs achats dans l'espoir que les prix reculeront davantage.

Risques peu élevés

Le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, croit toutefois que les risques de déflation sont peu élevés. Douglas Porter est du même avis, notamment parce que la faiblesse du dollar canadien fera augmenter les coûts des biens importés. Il ajoute cependant que la déflation demeure une possibilité. «Il n'est pas difficile d'envisager un scénario semblable à ce qui s'est passé au Japon dans les années 1990, lorsque ce pays a connu une déflation prolongée», a évoqué M. Porter.

L'économiste en chef du Conference Board, Glen Hodgson, affirme que la majorité des gens pourraient être portés à croire qu'une déflation serait une bonne chose, puisqu'elle réduirait le coût de la vie, mais ils auraient tort, selon lui. «L'expérience du Japon à la fin des années 1990 est la preuve qu'une déflation prolongée peut mener à des périodes de récession successives et à un lent retour à la croissance économique. Aucun pays ne veut vivre cela», a-t-il fait valoir.

En ce moment, l'augmentation des prix des aliments demeure la principale cause du maintien de l'inflation canadienne à un niveau positif. Les aliments en épicerie ont coûté 7,3 % de plus en décembre 2008 qu'à la même période l'année précédente. Le coût des légumes frais a augmenté de 26,9 %, et les produits de boulangerie et à base de céréales, de 12,4 %.

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